C'est qui, Christie?
A 29 ans Christie Morreale est une vraie passionnée de politique. Elle est vice-présidente du PS, avec Philippe Moureaux et Maurice Bayenet.
La politique, quelle drôle d'idée...
Oui, étonnant. J'avoue. Je ne sais pas dire pourquoi ce virus m'a pris... J'avais 16 ans. A l'athénée nous étions des « étudjiants en graiff » comme on l'écrivait sur notre badge. On a fait des « sittings » à n'en plus finir. On a inventé des chansons les plus déjantées les unes que les autres. C'est sans doute une des meilleures années de ma vie. Mais sur le fond, alors qu'on disait être « contre » le décrêt de l'époque, je me suis demandée comment on pouvait changer les choses. Et je me suis dit que pour avancer, il fallait peut être passer « de l'autre côté ». Alors j'ai commencé à m'intéresser à la politique et aux débats de société. Mes copines passaient leur temps libre à faire du « modern jazz » et moi j'écoutais les débats du dimanche midi. Ca fait pas très « dans le coup »... Mais c'est ce que j'aimais.
Et ta couleur préférée est devenue le rouge ?
Fondamentalement, je savais que j'étais de gauche. Mon père est ouvrier à Cockerill (du temps où ça s'appelait encore comme ça... Maintenant il est prépensionné), fils d'un immigré sicilien. Ma mère est employée, elle travaille comme prof de gym en soirée dans un mouvement gymnique travailliste. A 16 ans, le PS et Ecolo (surtout) me plaisaient. Alors j'ai regardé le programme des 4 grands partis. Ecolo, c'était bien mais c'est le PS qui me semblait défendre un programme le plus complet à gauche. Alors je me suis inscrite. Dans la section de Laurette Onkelinx : une passionnée, une femme engagée. Elle m'a boostée. J'admire son travail, son intelligence et le contact qu'elle a avec les gens.
Maman prof de gym ? Sportive, alors ?
Alors, là, pas du tout. Je crois que maman m'a permis de pratiquer toutes les disciplines possibles et imaginables. Mais je n'ai jamais accroché. Un truc pour me faire bouger ? Me faire danser ! C'est déjà ça !
Les études ?
Le fondamental à l'école communale d'Ougrée. Les secondaires à l'Athénée Royal de l'Air Pur à Seraing avec du Latin, de l'Anglais, du Néerlandais et de l'Espagnol. Ensuite, direction la faculté de Droit... Pas un très bon souvenir ! J'ai bossé, j'ai réussi sans gros soucis mais l'ambiance était vraiment mauvaise. On était des numéros. Le mien ? 95.05.52 ! Je ne l'oublierais jamais, je crois. Les seuls qui avaient droit à l'appel par leurs noms de familles étaient les « fils de... »... Le plus drôle, c'est qu'aujourd'hui, les rôles se sont inversés. Ceux qui ont trouvé du boulot, qui occupent des postes intéressants, ne sont pas spécialement ceux qui ont réussis le plus brillamment leurs études. Le bilan ? Je suis surtout heureuse d'en être sortie, j'avais tellement envie de travailler....
De faire bouger les choses...
Exactement. Pour moi, la politique, c'est une façon de faire bouger les choses. On a beau critiquer les hommes et femmes politiques, tous (ou presque...) sont là parce qu'ils ont un idéal, qu'ils veulent le défendre. La politique permet cela... J'avais hâte, c'est vrai, de bosser... Mais, j'ai dû patienter. Faire mes preuves. M'imposer. C'est normal.
Quel fut ton parcours au sein du parti ?
Cela a débuté par quelques réunions au sein de la locale d'Ougrée et au PAC. Puis, les Jeunes Socialistes de ma section dont j'ai été élue présidente. A la fin de mes études, Laurette m'a demandé de travailler dans son cabinet comme experte sur les questions « d'égalité des chances », un super projet pour débuter. Puis, j'ai travaillé sur la dépénalisation du cannabis. J'ai ensuite bossé une année sur la politique pénitentiaire, ce qui est magnifique pour une criminologue. Aujourd'hui, je travaille avec le Ministre Philippe Courard. Je m'occupe notamment de prévention du décrochage social dans les communes et de petite enfance.
Coup d'accélérateur dans ta vie en 2003. Tu vas de surprises en surprises...
Incroyable, c'est vrai. En octobre 2003, je suis élue vice-présidente de parti. Un vote du bureau politique. A l'unanimité. Un bonheur intense. Une responsabilité aussi. Mais surtout un défi... J'adore relever les défis. C'était aussi la preuve que le renouveau du Parti Socialiste était réel. Que, sans faire table rase du passé, des bases, le PS évoluait. Quelques semaines plus tard, ce fut le titre de Liégeoise de l'année. Et enfin, ma première campagne électorale aux régionales, avec un score au-delà de toute attente, 10 217 voix, c'est le 4eme score féminin tous partis confondus sur l'ensemble de la Communauté française... Depuis lors, avec ma petite famille, nous avons emménagé à Esneux.
Esneux pour les communales ?
Esneux pour la vie... C'est une commune magnifique. La plus belle commune périphérique de Liège. C'est un endroit très connu et fréquenté par les liégeois le week-end et en soirée. Normal. Un cadre verdoyant, l'Ourthe, des beaux sites et...des bons glaciers :-) Pour les élections communales, je défendrai le programme et les idées du PS. C'est une commune bien gérée (d'ailleurs une étude de l'UCL classe la gestion communale d'Esneux comme 1ere de l'arrondissement !). Nous avons de beaux projets plein la tête que nous espérons concrétiser dans les prochaines années.
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