Vers des Communces sans pesticides

Question orale à Monsieur le Ministre Monsieur le Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal

Monsieur le Ministre, à vous comme à moi sans doute, on a dit tellement de fois que ce ne serait pas possible sans PPP, sans produits phyto, sans herbicides dans les communes, que ce ne serait pas possible dans les cimetières, que c’était irréaliste. Pourtant, suite à l’annonce de l’interdiction de ces produits dans les espaces publics à partir de 2019, on voit que certaines communes ont anticipé cette interdiction et que cela fonctionne.

Plusieurs méthodes sont mises en place par un certain nombre de communes. Certains pratiquent la verdurisation, d’autres le désherbage mécanique ou en association avec le désherbage thermique. Les désherbeurs mécaniques désenfouissent des racines qui se dégradent une fois à l’air libre. Le désherbage thermique est parfois utilisé pour le traitement des plus petites surfaces et des allées étroites ne permettant pas le passage de la machine. Ces techniques sont appliquées en rotation continue par les fossoyeurs.

C’est peut-être l’occasion, après le 1er novembre, de faire le point sur le nombre de communes qui ont décidé d’anticiper les mesures d’interdiction, en tout cas les dérogations pour les PPP, dans les communes, de voir combien s’inscrivent dans cette dynamique de gestion différenciée, combien utilisent toujours des pesticides dans la gestion de leur espace public.

Puis, surtout, pour être utiles, comment peut-on accompagner les communes à maîtriser les techniques alternatives aux désherbants chimiques ? Combien de facilitateurs zéro phyto sont-ils disponibles pour accompagner les communes ? À mon avis, c’est un travail qui peut être particulièrement intéressant et particulièrement efficace pour pouvoir soutenir les communes dans cette transition, qui n’est pas facile, disons-le. Comment le personnel technique communal est-il formé à ces nouvelles méthodes ?

Réponse

M. Di Antonio : Madame la Députée, d’après les derniers chiffres reçus, sur les 262 communes wallonnes, 103 n’utilisent plus du tout de pesticide et 49 autres en utilisent uniquement dans certains cimetières, espaces où le zéro pesticide est plus délicat.

Concernant la gestion différenciée des espaces, 159 communes sont inscrites dans cette démarche avec ou sans l’aide du Pôle wallon de gestion différenciée.

Ce pôle est l’ASBL subventionnée par la Wallonie pour conseiller les communes dans ce domaine. En 2014, dans le cadre du Plan wallon de réduction des pesticides, l’équipe du pôle a été renforcée par deux facilitateurs zéro pesticide, ce qui amène à trois équivalents temps plein le personnel affecté à l’accompagnement des communes.

J’ai demandé à ces acteurs de terrain de me faire part de leurs propositions pour amplifier et améliorer le conseil et permettre aux communes devant encore faire le pas de profiter de l’expérience des précurseurs.

La plupart des communes actuellement en zéro pesticide ont mis en place, dès l’entrée en vigueur du Plan wallon de réduction des pesticides, des stratégies pour réduire graduellement l’usage des pesticides : changement de revêtements de sol, utilisation combinée de différentes techniques de désherbage, implication des habitants et communication vers les citoyens pour les sensibiliser aux efforts de leur commune.

Pour accompagner les communes, le pôle intervient en plusieurs étapes, pour s’adresser aussi bien aux écoconseillers qu’au personnel de terrain et aux responsables de services mais aussi aux élus. Des formations, des ateliers, des démonstrations de matériel de désherbage non chimique, des tables rondes, des visites de communes exemplaires et des journées techniques sont organisés. De plus, des visites de terrain ont lieu avec les personnes concernées pour discuter des solutions possibles.

Pour gérer le cas difficile des cimetières, le Pôle de gestion différenciée encourage les communes à développer la végétalisation, qui apparaît comme la stratégie la plus satisfaisante pour le zéro pesticide, tout en répondant aux attentes des citoyens.

Je pense que c’est la bonne solution, qui présente aussi des avantages en matière de nature et de biodiversité, outre le fait de ne plus utiliser massivement des produits.

Mme Morreale : Je remercie le ministre pour ses réponses.

Tout travail qui pourra être réalisé ces prochains mois pour encourager les communes à se passer de pesticides fera en sorte que l’on pourra enlever un certain nombre de produits qui vont se retrouver dans nos nappes phréatiques jusqu’en mai 2019. On voit bien que, pour la moitié des communes wallonnes, c’est possible. Cela donne des résultats où les citoyens sont pleinement satisfaits. Cela demande de la sensibilisation, cela demande de la formation aussi du personnel communal qui a parfois reçu beaucoup de réclamations au moment où les communes ont choisi la verdurisation, par exemple. Les résultats sont probants. J’encourage toutes les initiatives qui permettront de se passer de ces produits phytos.

 

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