Christie Morreale | Actu
Vice-Présidente du Gouvernement wallon, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des Femmes
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Certificat de médecine environnementale: pour une prise en charge des facteurs environnementaux

 

La formation des acteurs de la santé aux problématiques liées aux impacts sanitaires de la pollution environnementale est essentielle. Or, actuellement, en Fédération Wallonie-Bruxelles, elle fait cruellement défaut.

 


Le manque de formation du monde médical a été mis en lumière dans plusieurs dossiers dont je m’occupe : qualité de l’air, perturbateurs endocriniens, pesticides,… En général, les médecins généralistes, notamment, ignorent totalement l’impact que la pollution environnementale peut avoir sur la santé. Or, on sait maintenant plus précisément comment ces contaminations peuvent influencer notre système neurologique, métabolique ou hormonal. Chaque année, les particules fines, l’ozone et les oxydes de nitrate font perdre environ 125 000 années de vie aux Belges et causent 11 570 morts prématurés. Il est également prouvé que les perturbateurs endocriniens augmentent le risque d’obésité et de diabète de type 2. L’exposition aux pesticides entraine également une série de maladie, dont il est pourtant possible de se protéger.

Les fœtus et les jeunes enfants sont particulièrement sensibles aux contaminations environnementales. Par des gestes simples, il est possible de réduire les risques. Pour cela, il faut encore que les patients eux-mêmes soient informés des risques. A ce titre, le travail de prévention et d’information doit nécessairement être effectué par le monde de la santé. L’objectif de ce certificat est de former les professionnels de la santé (médecins généralistes et spécialistes, infirmiers et infirmières, sages-femmes, pharmaciens, etc.) à rechercher et identifier des causes environnementales aux problèmes rencontrés par leurs patients.

Pour moi, la mise en place d’un certificat de médecine environnementale répond à un besoin essentiel. Cette formation, demandée depuis de nombreuses années, devrait débuter en janvier 2019.

 

 

 

 

Question écrite de Christie Morreale destinée à Monsieur le Ministre de l’enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt

Dans le cadre de son rapport relatif à la prévention et à l’élimination des perturbateurs endocriniens, le Sénat formule une série de recommandations relative à l’élimination des perturbateurs endocriniens.

On retrouve des substances chimiques ayant une influence sur le système endocrinien humain, dans notre air, dans notre eau, dans notre environnement en général. Parmi les nombreuses recommandations fournies par le Sénat, on peut y épingler : « la mise en œuvre du certificat de médecine environnementale (CIU) du côté francophone (ULB, UCL & Ulg) dès 2019 et d’en évaluer le bon fonctionnement ainsi que de suivre sa mise en œuvre du côté néerlandophone (KUL, UA, UGent & VUB) et d’analyser les éventuels obstacles à sa mise en œuvre. ».

Monsieur le Ministre peut-il m’apporter des informations complémentaires concernant ce certificat de médecine environnementale ? Où est-en ce projet ? Les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles vont-elles mettre en place ce certificat ? A qui sera-t-il destiné ?

Réponse

Les discussions pour la mise en place d’un certificat en médecine environnementale ont été initiées dans le cadre du plan national belge environnement santé (NEHAP) visant la formation des professionnels de la santé aux effets des expositions environnementales sur la santé des individus. En 2014, un premier travail a mené à un inventaire des formations existantes en Belgique. Suite à cet inventaire et sur base des résultats, le projet d’un certificat en médecine environnementale a été lancé à la fois du côté francophone et du côté néerlandophone.

Du côté francophone, un projet de certificat interuniversitaire a réuni plusieurs facultés de trois universités (l’ULB, l’UCL et l’ULiège) en bonne collaboration avec la cellule de coordination du NEHAP. Le projet est coordonné par l’Ecole de santé publique de l’ULB en collaboration avec la faculté de médecine et la formation continue HELSci.

L’objectif est de former les professionnels de la santé(médecins généralistes et spécialistes, infirmiers et infirmières, sages-femmes, pharmaciens, etc.) à rechercher et identifier des causes environnementales aux plaintes de santé qu’ils reçoivent lors des entretiens en colloque singulier avec un patient. L’identification de causes environnementales les conduira à compléter un traitement par des conseils liés aux expositions à un ou plusieurs paramètres de l’environnement.

Le certificat se traduit par une formation étalée sur deux années. La formation comprend un volet théorique, des exemples, des études de cas, des démonstrations et des travaux pratiques mais aussi la mise en pratique des apprentissages par des travaux collaboratifs et interprofessionnels et à terme l’intégration dans un travail de fin d’études.

Actuellement, les partenaires finalisent le dossier de reconnaissance du certificat à destination de l’ARES afin d’avoir l’accord pour l’année académique 2018-2019. Le programme devrait démarrer en janvier 2019 avec une vingtaine de participants.

 

Abeilles 1 – Néonicotinoïdes 0 !

Le Parlement wallon demande au Gouvernement d’interdire les néonicotinoïdes !

Le Parlement de Wallonie a approuvé jeudi une résolution demandant au gouvernement régional d’interdire l’utilisation de tous les pesticides contenant des néonicotinoïdes – une famille d’insecticides particulièrement incriminés dans la surmortalité des abeilles et autres pollinisateurs -, et de défendre cette interdiction sur les scènes belge et européenne.

Ces produits appartiennent à un modèle agricole dont nous ne voulons plus, axé sur le profit à court terme” au détriment de la santé et de l’environnement, a commenté Christie Morreale (PS), l’auteure de la résolution.

L’Union européenne a déjà restreint l’utilisation de certaines substances de ce type. Au niveau wallon, le ministre de l’Environnement Carlo Di Antonio (cdH) a fait passer en première lecture au gouvernement, en mai dernier, l’interdiction de l’usage de néonicotinoïdes pour les particuliers.
Mais le problème relève surtout de l’agriculture, en particulier les cultures de betterave, de chicorée et la production de plants de pommes de terre.
Pour ne pas pénaliser ces secteurs vis-à-vis d’autres régions ou pays, l’interdiction ne sera mise en œuvre pour l’usage professionnel que “lorsqu’il existe des alternatives moins nocives pour la santé et l’environnement, efficaces sur le plan agronomique et économiquement réalistes”, précise le texte adopté.
La résolution réclame en outre la mise en place d’une task force “néonicotinoïdes” pour l’expertise scientifique sur l’impact sur la santé humaine et la biodiversité de ces produits. Elle demande aussi de faciliter l’accès des agriculteurs aux semences non traitées aux néonicotinoïdes.
En votant ce texte, “le Parlement démontre que l’intérêt économique des multinationales et des lobbys ne peut pas prévaloir sur les intérêts environnementaux et de santé“, a estimé Mme Morreale, avant de préciser qu’elle avait encore reçu la veille un courriel d’un lobby tentant d’infléchir sa position.
Le député Ecolo, Matthieu Daele, a pour sa part estimé que la Wallonie n’avançait pas assez vite pour interdire les molécules dangereuses. “On avance au rythme d’une molécule par an, alors qu’il y en a des centaines, sans parler de celles qui n’existent pas encore ou des molécules de substitution tout aussi nocives pour la santé et l’environnement”, a-t-il souligné, déposant en outre une proposition de décret visant à interdire tous les pesticides pour les particuliers d’ici 2019.
L’ensemble des parlementaires ont soutenu jeudi la résolution de Mme Morreale, à l’exception du député indépendant André-Pierre Puget.

 

Source : Belga 17/11/2017

Recours de PHYTOFAR sur l’interdiction du glyphosate

Phytofar, l’Association belge de l’industrie des produits de protection des plantes, annone qu’elle attaque en justice la Région wallonne suite à sa décision d’interdire l’usage du glyphosate sur notre territoire. Evidemment, l’association défend ses intérêts. Pourtant, cette décision va dans le bon sens puisqu’elle défend la santé des citoyens.

 

Question d’actualité à Monsieur le Ministre de l’environnement

– Monsieur le Ministre, on sait que le lobby des multinationales phytopharmaceutiques est puissant, voire surpuissant en Europe. Après Bruxelles et la Wallonie, Phytofar a décidé d’attaquer la Flandre, c’est ce que l’on a appris ce matin, alors que ces trois régions ont courageusement pris des dispositions en faveur des citoyens, pour la santé des citoyens et pour notre environnement.

 

Oui le glyphosate doit être interdit, en Wallonie, en Belgique, en Europe et dans le monde entier.

La question qui se pose aujourd’hui, Monsieur le Ministre, est de savoir s’il ne serait pas intéressant que la Région wallonne prenne langue avec ces deux autres régions pour essayer, ensemble, d’avoir une défense commune. Cela pourrait être souhaitable, voire envisageable. J’aurais souhaité avoir votre opinion à ce sujet.

M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings.

– Madame la Députée, effectivement, il y avait déjà deux recours contre l’ordonnance bruxelloise, un contre le décret wallon et un contre l’arrêté wallon. Aujourd’hui, Phytofar va un pas plus loin en allant en recours contre l’arrêté qui, en Flandre, a pris les mêmes dispositions que chez nous : une interdiction d’usage pour les particuliers, plus exactement une interdiction d’usage pour ceux qui ne sont pas formés à l’utilisation des pesticides et en l’occurrence, c’est le cas des particuliers.

 

J’ai écrit, puisqu’en fait dès ce matin un de mes collaborateurs m’a proposé que les trois juristes désignés par les régions respectives puissent travailler ensemble de manière à pouvoir agir conjointement par rapport à Phytofar. Cette démarche a été faite.

 

Effectivement, c’est nécessaire. Je redis notre volonté que l’interdiction soit plus globale. Il y a un projet au Fédéral pour interdire la commercialisation sur le territoire belge. Cela règlerait le problème. Le débat au niveau européen aura lieu dans les prochaines semaines sur l’interdiction de la substance active.

Mme Morreale (PS).

– Je remercie le ministre et je salue sa confiance dans ce dossier. C’est vrai que j’ai par contre le sentiment qu’on le sent bien seul au sein de son gouvernement avec sa nouvelle majorité. Ce n’est pas une question que je pose, mais c’est plutôt une remarque en réplique, Monsieur le Président, parce que depuis que la nouvelle majorité est en place, on sent que le ministre-président, qui avait d’autres positions alors qu’il était au Fédéral, semble gêné aux entournures. J’en prends pour exemple le fait que le Gouvernement wallon n’a pas, contrairement à la proposition de résolution passée au sein de ce Parlement, envoyé une lettre officielle pour exprimer notre position au niveau wallon pour dire que nous étions opposés au glyphosate et que nous demandions que la Wallonie soit contre l reconduction.

 

Ce que j’ai entendu hier, Monsieur le Ministre, semblait être une demande d’attention vis-à-vis de

M. Ducarme, mais pas une position officielle et claire. Si c’est le cas, c’est important de pouvoir la réitérer de manière très claire et sans ambiguïté.

La mise en place de la lutte intégrée en agriculture doit être la priorité !

Question écrite de Christie Morreale à Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité et du Tourisme

Lors des auditions sollicitées par les différents groupes politiques afin de faire la lumière sur le dossier complexe des néonicotinoïdes, plusieurs intervenants ont mis l’accent sur l’incompatibilité du traitement des semences de betteraves et les principes de l’IPM.

Dans sa contribution écrite, la Cellule autonome d’avis en développement durable insiste sur cet aspect, en s’interrogeant sur la pertinence que de consacrer un point à ces molécules dans le programme wallon de réduction des pesticides.

Alors que votre collègue en charge de l’environnement me confirmait que le gouvernement wallon avait adopté en première lecture la deuxième version du PWRP le 24 novembre dernier et qu’il confirmait son ambitionde réduction des risques et des effets de l’utilisation des pesticides sur la santé humaine et l’environnement, je souhaite vous interroger sur les mesures que vous envisagez.

Comme nous le savons, un aspect important de ce programme de réduction concerne évidemment le principe de la lutte intégrée, son élaboration, la mise en œuvre de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures et de méthodes ou de techniques de substitution en vue de réduire la dépendance à l’égard de l’utilisation des pesticides. Monsieur le Ministre, estimez-vous, comme la majorité des intervenants présents jeudi 2 février, que la technique d’enrobage des semences est contraire aux principes de l’IPM ?

Monsieur le Ministre, nous savons que cette technique reste, à l’heure actuelle et en comparaison avec les techniques de pulvérisations, la pratique la moins polluante et la plus efficace. A mes yeux, elle ne devrait pourtant pas être encouragée et nous devrions fournir à nos agriculteurs d’autres solutions, plus respectueuses de l’environnement et de la santé humaine. Dès lors, quelles sont vos ambitions en la matière ? Alors que le plan triennal de recherche agronomique est en cours d’élaboration, ne devrions-nous pas investir massivement dans le développement concret de la lutte intégrée et ce, dans l’ensemble des cultures wallonnes ?

Réponse

La lutte intégrée constitue une des priorités de la Wallonie en ce qui concerne l’application de produits phytopharmaceutiques. Le premier Programme wallon de réduction des pesticides (PWRP) comportait trois actions spécifiquement dédiées à cette thématique. Un arrêté du Gouvernement wallon a été publié le 9 décembre 2016 (10 novembre 2016 – arrêté du Gouvernement wallon relatif à la lutte intégrée contre les ennemis des cultures) et un arrêté ministériel sera prochainement publié pour préciser les dispositions réglementaires sur la mise en oeuvre de la lutte intégrée. Ces textes ont fait l’objet d’une importante concertation avec le secteur.

Il est important de rappeler que parmi les 22 nouvelles actions du PWRP soumises à enquête, neuf sont consacrées à la lutte intégrée et concernent la formation, le conseil, la sensibilisation et le transfert de connaissance, mais aussi la recherche et l’innovation.

La mise en oeuvre de la lutte intégrée passe aussi par l’amélioration des services d’avertissement et une nouvelle mesure du PWRP implique la création d’un portail web unique, qui rassemblera tous les avertissements de base disponibles. La lutte intégrée admet les organismes nuisibles aux cultures comme faisant partie intégrante de l’agrosystème : elle ne vise pas leur éradication, mais plutôt leur maintien sous des seuils de tolérance déterminés par l’expérimentation. Elle n’a recours aux produits phytopharmaceutiques qu’après une prise en considération attentive de toutes les autres méthodes de protection des plantes disponibles, et lorsque ses seuils de tolérance sont dépassés, ou que les modèles prévisionnels indiquent qu’ils le seront, et qu’une telle intervention se justifie du point de vue économique ? Ce principe fondateur de la lutte intégrée voudrait que tout traitement préventif soit exclu et, a fortiori, tout traitement de semences.

Y a-t-il pour autant incompatibilité absolue entre lutte intégrée et traitement de semences ? Cette technique est, par exemple, employée en lutte biologique ; les semences peuvent être enrobées avec des microorganismes protecteurs pour la culture (O’Callaghan, Swaminathan, Lottmann, Wright, & Jackson,

2006, Seed coating with biocontrol strain Pseudomonas fluorescens F113. New Zealand Plant Protection, 59, 80–85. Retrieved from www.nzpps.org).

D’un cas à l’autre, le traitement de semences pourrait être, ou ne pas être, admis comme une pratique de lutte intégrée.

Quant à un financement massif des travaux visant au développement concret de la lutte intégrée dans toutes les cultures, c’est évidemment une excellente idée et c’est bien dans cet objectif que les chercheurs orientent de nombreux travaux. Bien évidemment, le plan triennal de recherche agronomique va dans cette direction.

Des projets de recherche sont déjà en cours sur le sujet, les chercheurs n’ont pas attendu l’élaboration du plan triennal de recherche pour se lancer ce défi.

Le Pacte et la réorientation enseignement ordinaire spécialisé

Question écrite à Madame Schyns, Ministre en charge de l’Enseignement obligatoire

L’avis n°3 du Groupe Central du Pacte entend très clairement réduire le nombre d’élèves fréquentant l’enseignement spécialisé. L’orientation abusive dans l’enseignement spécialisé est un écueil que nous avons déjà abordé à plusieurs reprises et que nous dénonçons depuis des années.

Selon les chiffres de l’administration, le taux de fréquentation de l’enseignement spécialisé est huit fois supérieur pour les enfants du niveau socioéconomique le plus bas, en comparaison avec la classe de population au niveau socioéconomique le plus élevé. Depuis des années, l’Observatoire des inégalités montre également combien la corrélation entre un niveau socioéconomique faible et la fréquentation de l’enseignement spécialisé est importante. En 2014, une étude de l’Université de Gand annonçait qu’un enfant rom sur trois était orienté de manière erronée vers l’enseignement spécialisé. Le constat est, à nos yeux, évident, puisque par le biais de l’orientation vers l’enseignement spécialisé, nous excluons des enfants qui pourraient parvenir s’épanouir pleinement dans l’enseignement ordinaire.

Nous partageons donc pleinement la priorité annoncée dans l’axe 4 et qui vise à « opérer un changement systémique afin que chaque élève trouve la place qui lui convient ». Cette priorité, nous la partageons évidemment, visant l’intérêt premier de l’enfant. Je m’interroge cependant par rapport à l’objectif énoncé de revenir au pourcentage d’élèves pris en charge en 2004. Pourquoi avoir choisi cette année particulière comme objectif ? Ne serait-il plus pertinent d’envisager cette réduction par une orientation plus adaptée des enfants ? Une orientation plus adaptée ne permettra-t-elle pas de réduire automatiquement cette fréquentation ?

Le premier axe développé dans cet avis concerne la réforme de l’orientation. Il y est notamment question de « vérifier le strict respect des obligations qui pèsent sur l’établissement d’enseignement ordinaire afin d’établir si l’établissement a suffisamment mis en œuvre les aménagements nécessaires […] ». Ces obligations sont décrites dans l’article 7 du décret programme adopté 14 juillet 2015 et vise en effet, via la modification de l’article 12 du décret de 2004, à durcir l’accès à l’enseignement spécialisé pour les enfants qui relèvent du type 1, 3 et 8. En effet, devant les constats d’orientation abusive, Madame la Ministre avait décidée d’agir rapidement en prenant cette disposition pour lutter immédiatement contre ce phénomène.

Dans ce cadre, le rapport d’inscription devait, dès la rentrée de septembre 2015, préciser les aménagements raisonnables mis en place dans l’enseignement ordinaire pour accompagner l’élève à besoins spécifiques et démontrer que ceux-ci se sont révélés insuffisants pour assurer un apprentissage adapté aux besoins spécifiques de l’élève avant que celui-ci puisse être orienté vers l’enseignement spécialisé. Il est également précisé qu’un manque de maîtrise de la langue de l’enseignement ou l’appartenance à un milieu social défavorisé ne constitue pas un motif valable d’orientation vers l’enseignement spécialisé.

Interrogée à ce sujet en mars 2016, votre prédécesseure m’affirmait que les chiffres d’inscription témoignaient déjà d’une diminution de ce flux, constante une diminution d’inscription dans l’enseignement de type 8 et une très légère augmentation dans l’enseignement de type 1 et 3. Confirmez-vous cette analyse ? Constatez-vous une diminution signification du flux d’orientation entre l’enseignement ordinaire et le spécialisé ? Si oui, dans quelle mesure ? Pourriez-vous nous donner quelques chiffres ?

Aujourd’hui, comment les enseignants mettent en place cette mesure ? Les enseignants, même mieux formés à la prise en charge des enfants à besoins spécifiques ne sont pas des spécialistes des aménagements raisonnables, ils doivent être aidés pour trouver et mettre en place des aménagements. Dès lors, qui aide les enseignants à mettre en place ces aménagements raisonnables ? Quels sont les outils complémentaires mis à leur disposition pour qu’ils puissent aider concrètement ces enfants ? Enfin, il est également prévu que le rapport d’inscription décrive les aménagements, afin de juger s’ils ont été suffisants. Qui contrôle le caractère suffisant de ces aménagements ? Cette mission sera-t-elle confiée aux futurs coordinateurs territoriaux ?

Pourquoi cette mesure ne vise-t-elle que les enfants relevant du type 1, 3 et 8 ? Ne devrions-nous pas également envisager le durcissement de l’inscription dans l’enseignement spécialisé pour les autres types ?

Enfin, Madame la Ministre, comme le précise d’ailleurs l’avis du Pacte à la page 244, l’arrêté d’exécution du dispositif décrétal n’a pas encore été pris. Quand celui-ci sera-t-il effectif ?

Réponse

L’objectif principal de l’avis n° 3 du Groupe central du Pacte est d’améliorer le système éducatif de manière générale et par là d’augmenter la prise en compte des différentes difficultés pédagogiques directement au sein de l’enseignement ordinaire, avant même d’envisager une orientation trop rapide vers l’enseignement spécialisé. C’est cette volonté positive d’améliorer l’enseignement de tous les élèves qui devrait en effet, à terme, avoir pour conséquence de réduire le nombre d’élèves qui fréquentent cet enseignement. Le retour au pourcentage d’élèves inscrits dans le spécialisé en 2004 constitue un objectif chiffré correspondant à l’année d’instauration du décret organisant l’enseignement spécialisé (pourcentage qui a fortement augmenté dans les 10 années suivantes).

Quant aux constats sur les niveaux socio-économiques des élèves qui fréquentent l’enseignement spécialisé, je les partage et, comme vous, je les déplore. Les dernières statistiques nous informent que la part des élèves fréquentant l’enseignement spécialisé est restée stable si ce n’est une légère diminution en secondaire. Avant tout, il faut rappeler qu’actuellement toute orientation vers cet enseignement est le fruit d’une réflexion approfondie de l’ensemble de l’équipe pluridisciplinaire d’un centre PMS ou d’un centre agréé. Cette orientation nécessite la rédaction d’une attestation et d’un protocole d’orientation. De plus, l’avis du centre PMS n’est pas contraignant ; les parents peuvent le refuser et décider de maintenir leur enfant dans l’enseignement ordinaire. Dans le cadre de cette démarche, je ne parlerai donc pas d’orientation abusive, mais bien, à un moment donné du cursus scolaire de l’élève, de la recherche de la meilleure réponse à apporter à la situation de l’enfant en l’état actuel de l’organisation de l’enseignement. Le Pacte prévoit de réexaminer l’actuelle procédure d’orientation.

Pour répondre à votre question sur les types 1, 3 et 8, l’enseignement fondamental spécialisé de type 1 diminue de 148 élèves alors que le type 1 de l’enseignement secondaire spécialisé augmente légèrement tout comme le type 8 de l’enseignement fondamental et le type 3 des deux niveaux. Par contre, une analyse plus fine des chiffres de l’intégration montre que l’augmentation de 641 élèves en intégration de type 8 et de 267 élèves pour les types 1 et 3, compense largement la légère augmentation constatée dans ces types d’enseignement.

Quant aux aménagements raisonnables, un groupe de travail chargé de rédiger des fiches très concrètes de mise en œuvre d’aménagements finalise actuellement son travail. Cet important projet verra son aboutissement cette année scolaire et permettra d’outiller les enseignants au plus vite. Le Pacte prévoit également des moyens en la matière à partir de l’année 2019.

La réforme de l’orientation vers l’enseignement spécialisé prévue par le Pacte s’inscrit dans une démarche évolutive à la base d’un enseignement inclusif. Un enseignement inclusif prévoit un certain nombre de mesures systémiques de différenciation, de remédiation, d’accompagnement et de mise en place, en cas de besoins spécifiques, d’aménagements raisonnables pour répondre au mieux aux profils et besoins diversifiés des élèves. Ce n’est que quand ces mesures s’avèrent insuffisantes que l’orientation vers l’enseignement spécialisé peut être envisagée. La réforme de l’orientation prévoit aussi de baliser la procédure de diagnostic des besoins spécifiques par l’élaboration de protocoles et d’outils de référence pour prendre en compte l’ensemble des facteurs caractérisant la situation de l’élève. Signalons que le dossier d’accompagnement de l’élève constituera un outil de repérage des difficultés, de planification d’interventions précoces, et de prise en compte de besoins spécifiques par la mise en place d’aménagements. Il permettra d’assurer l’évaluation, l’ajustement et la continuité des mesures prises.

Pour en revenir aux aménagements raisonnables, l’avis n° 3 prévoit que le coordinateur du pôle territorial sera associé au processus à la fois dans l’accompagnement de l’établissement scolaire pour leur mise en place, mais également dans l’ajustement des réponses apportées aux besoins spécifiques des élèves.

Pour répondre à vos deux dernières questions, des précisions existent dès à présent dans l’avis n° 3 quant aux mesures qui concernent l’enseignement spécialisé de types 1, 3 et 8, car elles sont liées aux arrêtés d’exécution de modifications décrétales déjà prévues en 2015. Toutefois, la démarche évolutive que le Pacte préconise dans le cadre d’un enseignement inclusif concerne l’ensemble des élèves.

Les travaux du Pacte et particulièrement la création des pôles territoriaux permettront donc d’avancer sur les notions d’aménagements raisonnables, mais suivant de près l’évolution du « M-Decreet » pris en Communauté flamande, je peux vous assurer que la notion d’aménagements raisonnables doit encore être affinée. Dans son rapport intermédiaire sur le développement de l’inclusion en Communauté flamande, UNIA signale les incertitudes qui planent autour de la notion d’aménagements raisonnables, la réticence des écoles à les mettre en place, mais aussi les difficultés rencontrées, sur le long terme, lorsqu’un ou deux professeurs les acceptent, mais que le reste de l’équipe ne les applique pas.

Ces différents éléments montrent l’importance, en matière d’aménagements raisonnables, d’outiller et d’accompagner les enseignants, mais également de mobiliser l’ensemble des équipes éducatives, par le biais des stratégies élaborées dans le cadre des plans de pilotage des établissements.

Intervention à l’Internationale Socialiste des Femmes

 

Le 14 juillet dernier, j’ai eu la chance d’être invitée à faire une intervention à l’ONU, à New York, à l’occasion de la réunion annuelle du Conseil de l’Internationale des Femmes Socialistes. Mon discours s’intitulait :« Aspects sociaux, politiques et de genre liés à la digitalisation du travail ». J’ai exploré certains enjeux de la quatrième révolution industrielle, autour de l’industrie dite « 4.0 », pour les travailleurs et les travailleuses qui font face aujourd’hui aux effets positifs et négatifs de la digitalisation. Si la digitalisation permet de réaliser des gains de productivité ou de libérer les travailleurs de certaines corvées, elle comporte aussi une face sombre qui génère une augmentation massive du chômage et propulse des milliers de familles dans une situation de précarité.

 

J’ai soutenu deux arguments principaux.

Le premier, c’est qu’il est nécessaire que nous, les femmes politiques socialistes à travers le monde, travaillions à re-politiser ces questions pour qu’elles cessent d’être considérées comme étant exclusivement l’apanage de marchés libres au sein desquels les technologies émergeraient de façon naturelle et autonome. Le développement de technologies digitales est éminemment politique et cela nécessite que nous soyons vigilantes pour anticiper et encadrer ses effets et veiller à ce que la prospérité qui en découle soit partagée.

Le second message que j’ai porté, c’est qu’il faut prendre garde à ne pas oublier la dimension de genre quand il s’agit d’évoquer la digitalisation. En effet, les technologies digitales (qu’il s’agisse de l’internet des objets, de l’automation, de la robotique ou de l’intelligence artificielle) sont le reflet de leurs concepteurs, et de leur culture. Le plus souvent, il s’agit d’une puissante élite d’ingénieurs blancs masculins de la SiliconValley. Evidemment, leur propres biais et leurs valeurs se retrouvent dans les technologies qu’ils développent. Qu’il s’agisse de Google qui affiche des publicités pour des emplois hautement rémunérés principalement pour les hommes plutôt que pour les femmes— et qui continue à mieux rémunérer ses employés masculins ; ou encore de Wikipedia dont la très grande majorité des éditeurs sont des hommes, les antécédents de discrimination que nous combattons se retrouvent au cœur du fonctionnement des plateformes digitales. C’est donc une tendance qu’il faut rééquilibrer. Car les hommes créent à leur image et pour leurs intérêts, sans penser à nous… Il est donc de notre responsabilité, en tant que femmes et en tant que socialistes, de travailler rendre cette culture égalitaire, juste et équitable avant de vouloir la propager.

 

En conclusion, la digitalisation du travail offre des perspectives à plusieurs conditions (non exhaustives):

– que les pouvoirs publics anticipent sur ce que les changements de rapports sociaux, culturels vont induire ;

– que les règles soient encadrées par le secteur public ;

– qu’elle s’accompagne de mesures liées à réduction collective du temps de travail (autre combat d’avenir pour la gauche) ;

– qu’elle se fasse au service de l’être humain,

– qu’elle développe des outils et des plates formes gender-balanced ;

– qu’on incite massivement les jeunes filles dans les  métiers technologiques/informatiques ;

– qu’on contraigne les opérateurs à couvrir toutes les zones.

 

Autant de défis auxquels je nous invite à réfléchir et à relever !

 

 

Définition des perturbateurs endocriniens: la commission européenne défend-elle notre santé ?

Ce 4 juillet, les représentants des Etats membres de l’Union européenne ont adopté les critères qui serviront à l’identification des perturbateurs endocriniens, ces substances qui interfèrent avec notre système endocrinien. Un enjeu de santé primordial.

Alors que depuis 2013, la Commission européenne doit définir les critères pour identifier les perturbateurs endocriniens, le projet de règlement a été adopté ce 4 juillet. C’est la douche froide. Les demandes pressantes d’amélioration de ces critères, portées par la société civile et par les scientifiques afin d’assurer une réelle protection de la santé humaine, n’ont pas été entendues.

En effet, ces critères d’identification des perturbateurs endocriniens tels qu’adoptés ne permettront pas de garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement. L’inversion de la charge de la preuve et les niveaux de preuve élevée quant aux effets néfastes des perturbateurs rendront leur identification difficile et risque d’entrainer des retards dans le retrait de ces substances du marché. Trois sociétés de renommées internationales sur les questions d’endocrinologie tiraient la sonnette d’alarme quant aux lacunes de la proposition de critères tandis que plus de 450.000 citoyens européens ont également signé une pétition demandant aux Etats-Membres de rejeter la proposition de la Commission européenne. Malgré cette mobilisation, le texte adopté reste problématique.

Pour Marc Tarabella, qui suit particulièrement ce dossier au Parlement Européen: ” 157 milliards d’euros par an ! C’est ce que coûterait l’ingestion des perturbateurs endocriniens, cette molécule toxique que les industriels mettent dans vos produits alimentaires, eau, bouteilles en plastique, canettes, pesticides, produits cosmétiques, jouets, détergents, etc. Il est inacceptable que le citoyen soit le rat de laboratoire des industries voulant tester leurs produits. La santé des consommateurs est-elle prioritaire ou non?”

Pour moi, il est nécessaire de remettre le principe de précaution au centre de ce débat.  L’Europe devrait montrer l’exemple sur cette question, initier des mesures pour réduire l’exposition des citoyens à ces substances toxiques. Aujourd’hui, on peut réellement se demander si la Commission défend notre santé ou les intérêts des industriels.

La décision du gouvernement fédéral de soutenir ces critères est également une grande déception. J’encourage le Gouvernement wallon à se montrer pro-actif sur ce dossier, en adoptant rapidement le plan “Environnement-Santé”, qui doit prendre la problématique de la pollution environnementale et de son impact sur notre santé à bras le corps.


Le glyphosate, on s’en passe tous!

Ca y est… le glyhosate est interdit en Wallonie!

 

Après de longs mois (voire des années…) de combat parlementaire, la Wallonie interdit le glyphosate pour l’usage aux particuliers! Si je souhaitais aller plus loin, je pense qu’il s’agit d’une première étape importante, qui ouvre la voie à d’autres avancées. Ne boudons pas notre plaisir!

Mon combat parlementaire débute en mars 2015, lorsque 17 experts issus de 11 pays, mandatés par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont classé le glyphosate comme « cancérogène probable pour l’homme ».

Contre toute attente, la Commission européenne réfute les conclusions du CIRC et se base, quant à elle, sur l’avis favorable à la « réautorisation» rendu par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA). Rapidement, des doutes planent sur la validé de ces études. En effet, la société qui commercialise des produits à base de glyphosate, « Monsanto », refuse de rendre publiques les études toxicologiques réalisées par ses soins et sur lesquelles l’EFSA fonde son avis. DE plus, septante cinq experts nationaux ont été dépêchés par les États membres, mais seuls 14 d’entre eux ont acceptés de voir leur nom rendu public. Soixante et un experts n’ont donc pas souhaité être associés à l’avis de l’agence européenne. Cette confidentialité alimente un certain trouble et interpelle puisque le conflit d’intérêts est manifeste.
Entre-temps, d’autres études sont parues. La fondation Heinrich Böll, notamment, révèle que 99,6% des Allemands sont contaminés au glyphosate. Dans 75%
des cas analysés, le taux de résidus de glyphosate dans l’urine est cinq fois plus important que le maximum autorisé dans l’eau.
Depuis près de trente ans maintenant, l’usage de l’herbicide Roundup et des autres produits à base de glyphosate ont connu une croissance exceptionnelle. Le Monde relevait encore hier qu’on utilise 260 fois plus de glyphosate qu’il y a 40 ans (3200T en 1974 pour  825 000T aujourd’hui, à l’échelle mondiale). Pourtant, nul ne peut ignorer les impacts négatifs qu’ils peuvent avoir sur l’environnement, la biodiversité mais aussi la santé de ceux qui l’utilisent.
Quelques mois plus tard, les associations de défense de la Nature pointe du doigt la mauvaise information donnée aux consommateurs en matière d’utilisation des herbicides. Méconnaissance de la législation régionale en matière de protection des eaux de surface, conseils inadéquats sur les équipements de protection individuelle, … Les jardineries se prennent un zéro pointé!
Pourtant, le Ministre fédéral de l’Agriculture, Willy Borsus annonce qu’il soutiendra le renouvellement de la molécule au niveau européen. C’est en de trop pour le groupe socialiste et je décide donc de déposer une résolution pour que la Wallonie interdise ce produit sur son territoire. Devant la répartition des compétences de notre état fédéral, la Wallonie n’a pas les compétences pour interdire la vente mais uniquement pour interdire son utilisation.Retrouvez ma proposition ici.
Aujourd’hui, alors que les scandales relatifs aux pratiques plus que douteuses de la firme Monsanto sont révélés quotidiennement, je pense que la Wallonie franchit une première étape importante. Evidemment, le combat est encore long, mais vous pouvez compter sur moi pour ne pas baisser les bras !

Accompagnement des enfants à besoins spécifiques

Parce qu’un meilleur accueil, accompagnement et encadrement des enfants à besoins spécifiques est nécessaire dans notre enseignement, nous avons travaillé, avec mes collègues des différents groupes politiques du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, sur une nouvelle proposition de décret.

L’objectif ? Facilité la mise en place des aménagements raisonnables (aménagements de type technique, pédagogique, matériel,…) et créer une commission de concertation entre les enfants, les parents et les établissements scolaires, pour parvenir à concilier ces aménagements.

Parce que ces aménagements seront profitables à tous, nous estimons qu’il est nécessaire de permettre aux enfants à besoins spécifiques de trouver la place qui leur convient au mieux dans l’enseignement.

Retrouvez la proposition de décret ici.

En France, une femme sur deux a peur dans les transports en commun

“La gent féminine est, de loin, plus effrayée à l’idée de prendre les transports publics que les hommes. C’est ce que révèle une étude publiée par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU). Les résultats portent sur l’année 2015 et révèlent que les femmes sont 56,3% à ressentir de l’inquiétude contre 26,7% des hommes. Ces chiffres peuvent sembler très élevés mais ils reflètent une réaction légitime : 37% des interrogées disent avoir été victimes d’un vol sans violence et 39% d’agression sexuelle.”

C’est ce que nous apprend cet article du Figaro, à consulter ici. Si le phénomène existe en France, les femmes belges sont également confrontées, quotidiennement, à la même problématique. Pourtant, chez nous, les pouvoirs publics ne semblent pas encore conscients de son ampleur. Les nombreux témoignages qui affluent sur les réseaux sociaux, quasi quotidiennement, semblent ignorer. Depuis des mois, j’attends une réactions forte des pouvoirs publics wallons.

Tout à commencer en avril 2015, voici deux ans maintenant. A la suite d’une enquête française, j’interrogeais le Ministre Di Antonio. Dans celle-ci, le Ministre semble considérer le phénomène comme banal, voire inexistant.

Or, à mes yeux, c’est tout le contraire. Le phénomène de harcèlement sexuel est présent dans l’ensemble de notre société, qui reste profondément inégalitaire. Dès lors que ce phénomène existe dans le monde professionnel, dans la sphère privée, dans la rue, il existe également dans le bus. Pour moi, c’est simplement inadmissible.

Avec ma collègue, Véronique Bonni, nous avons souhaité mesurer l’ampleur du harcèlement dans les transports en commun au sein de l’agglomération liégeoise. Un questionnaire a été distribué à Liège, Verviers, dans des écoles,… Les résultats étaient édifiants: Chez les 179 utilisatrices de transports en commun répondant à l’enquête, 52% ont subi ou subissent durant leurs voyages des propos ou des insultes sexistes, 51% reconnaissent être ou avoir été victimes de comportements qu’elles jugent dérangeant. 57% des répondantes estiment que le harcèlement dans les transports en commun est un phénomène régulier.

Sans même s’en rendre compte, ces femmes adaptaient leurs comportements afin de ne pas être victimes: elles ne circulent pas seules, évitent des lignes identifiées comme problématiques, évitent les déplacements le soir, adaptent leur tenue vestimentaire, …

Suite à ces résultats, le Ministre Di Antonio, dans une intervention en avril 2016, annonçait la création d’un groupe de travail. Depuis, nous attendons toujours une réaction forte de sa part.

A mes yeux, la problématique du harcèlement dans les transports n’est pas solvable sans que les outils apportés pour tenter d’enrayer le phénomène ne concernent également l’ensemble de la société.Mes solutions proposées sont multiples:

1) C’est par l’éducation des jeunes et moins jeunes, au problème général du sexisme, et à celui plus spécifique du harcèlement, que les choses pourront évoluer positivement. Au sein de cette politique éducative, il conviendrait de sensibiliser tant les potentiels harceleurs que les potentiels témoins. Cette sensibilisation éducative pourrait avoir lieu lors de formations réalisées dans les écoles, les universités, mais aussi des entreprises, organisations, etc.
L’éducation peut aussi se faire par le biais de campagnes de sensibilisations dans les transports en commun, mais aussi dans les lieux publics.

2) Cette enquête a été réalisée de manière assez rapide afin de faire prendre conscience aux différentes instances politiques que le phénomène du harcèlement dans les transports en commun n’est pas anodin. Néanmoins pour corroborer les points saillants que cette distribution de questionnaire a fait ressortir, il conviendrait de mener une grande enquête au sein des différentes compagnies de transport en commun de la Région wallonne. Véronique a d’ailleurs déposé une proposition de résolution en ce sens. D’autre part, le monde du transport est encore souvent masculin et les aménagements sont pensés plus par des hommes que par des femmes. L’expertise des femmes doit être prise en compte.

3) Le personnel doit être formé afin d’être pleinement opérationnel lorsqu’une situation de harcèlement lui est rapportée. Son rôle est primordial dans la lutte contre ce phénomène, tant dans la phase de prévention, que de réaction et d’accompagnement des victimes.
La présence des agents est ressentie comme un élément important de prévention et d’assistance. Elle est rassurante, mais joue également un rôle dissuasif. Il est indispensable de former le personnel. Une formation sur le harcèlement, suivie par tous les agents, quel que soit le poste occupé, permettrait une plus large prise de conscience du problème en leur sein et une intervention efficace.

4) Seules 16 % des répondantes ont référé du comportement sexiste à une autorité, plainte ou personnel naviguant. Néanmoins la Belgique, contrairement à son voisin français, est un État qui s’est doté d’une législation sanctionnant le sexisme dans l’espace public. C’est pourquoi il est nécessaire de permettre aux femmes victimes de connaître tous les ressorts légaux pour qu’elles puissent se défendre. Le constat d’une impunité des actes de harcèlement sexiste et de violences sexuelles est alors simple à faire : très peu de plaintes, peu de témoins et c’est souvent sur les seules déclarations des parties que l’autorité compétente va devoir trancher.
Le faible taux de dépôt de plaintes peut s’expliquer par la honte ressentie par les victimes, mais aussi par leur éventuelle peur de ne pas être prises au sérieux. D’autre part, la procédure du dépôt de plainte est complexe et demande du temps. Pour pallier cette absence de plaintes déposées par les victimes, il est donc essentiel de créer ou de développer des structures permettant une simplification de la procédure. En parallèle, il est important de mettre en place des lignes d’écoutes permettant de se renseigner, de signaler certains faits. Le système de la préplainte en ligne pourrait être repris puisqu’il existe déjà pour les cas de vol ou d’acte de vandalisme. La victime effectue une prédéclaration en ligne puis prend rendez-vous au commissariat pour signer sa plainte.

5) Il est également essentiel de mener une vaste campagne de sensibilisation à la problématique via les canaux de communication existants de la SRWT, à savoir, une campagne dans les transports et abris, une sensibilisation via la création de capsules vidéos diffusées sur les réseaux sociaux mais également sur le site internet du groupe TEC et d’intégrer, dans le cadre de la charte des utilisateurs des transports en commun, un critère réserve aux comportements sexistes afin que ceux-ci soient bannis des transports en commun

6) Je propose également d’étudier la possibilité d’étendre les amendes administratives à ce type de délit.

 

Enfin, je tiens à souligner le travail effectuer par l’association “Touche pas à ma pote”, qui contribue quotidiennement à dénoncer le phénomène, forme et informe les jeunes.