Christie Morreale | Animations contre l’IVG dans le cadre de l’EVRAS, c’est inacceptable !
6309
post-template-default,single,single-post,postid-6309,single-format-standard,qode-social-login-1.0.2,qode-restaurant-1.0,woocommerce-no-js,ajax_fade,page_not_loaded,,select-theme-ver-4.7,vertical_menu_enabled, vertical_menu_transparency vertical_menu_transparency_on,wpb-js-composer js-comp-ver-5.7,vc_responsive

Animations contre l’IVG dans le cadre de l’EVRAS, c’est inacceptable !


Question orale à Madame la Ministre de l’Éducation

En juin 2016, la presse et la société civile relatait des faits excessivement graves. En effet, l’association « Groupe Croissance » aurait dispensé dans les écoles des animations dans le cadre de l’EVRAS, d’animations problématiques qui semblaient très orientées contre l’interruption volontaire de grossesse.

De manière générale et d’après les seules informations disponibles sur leur propre site internet, cette association défend une conception rétrograde et réactionnaire de la société et, à plus forte raison, de la sexualité. Cette vision se réclame directement de l’évangile. Ce groupe défend l’abstinence et une vision très culpabilisante de la sexualité et, principalement, de l’avortement. Dans ce cas, nous touchons à certains symboles mais aussi et surtout à un droit accordé depuis 1990 dans notre pays. Ces informations étant facilement disponibles, je m’interroge sur les raisons qui ont poussés les directions à solliciter le groupe « Croissance »

Madame la Ministre, nous étions nombreux, à l’époque, à réagir fortement. Les questions étaient nombreuses.

Dès lors, pouvez-vous nous donner des informations complémentaires par rapport aux faits ici évoqués ? Combien d’enfants ont suivi ces formations ?  Quelles sont les écoles qui ont reçu des animations du groupe Croissance ? Selon les informations reprises sur le site internet de cette association, ils auraient réalisé 54 animations dans 23 écoles.  Pouvez-vous vous confirmer ou infirmer ces chiffres ? Ces écoles concernées bénéficient-elles d’un soutien renforcé en vue de développer un partenariat avec des opérateurs reconnus ?

Vous assurez que le recours à des opérateurs extérieurs pour ces animations relève de la responsabilité du chef d’établissement ou du pouvoir organisateur.  Pourquoi les directions ont-elles fait appel à cette association ? Dès lors, leur responsabilité pourrait-elle être engagée ?

Madame la Ministre, comme je vous en faisais déjà part à l’époque, le caractère très général des dispositions prises en 2012 semble rendre problématique cette cohérence de l’EVRAS.  Si vous marquiez votre accord pour établir des balises accompagnées de critères de sélection précis et des conditions minimales d’intervention des prestataires EVRAS au sein des établissements scolaires. Dès lors et dans ce genre de cas, ou à tout le moins ce genre de risque, vous incitera-t-il à envisager une modification des dispositions décrétales ?

Réponse :

Pardonnez-moi si je me répète. En effet, nous avons déjà eu ce genre de discussion. Toutefois, il n’est pas inintéressant d’évoquer l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle en commission. Au reste, je sais que vous connaissez très bien le sujet. Certains éléments ne vous seront donc pas totalement inconnus. La décision de faire appel à un opérateur pour organiser des animations d’EVRAS relève du chef d’établissement ou du pouvoir organisateur. Il m’est impossible de communiquer les chiffres relatifs au nombre d’animations réalisées par cet opérateur en particulier. Ceci dit, dès que la situation m’a été rapportée, j’ai demandé à l’administration de diligenter une mission d’information pour vérifier le contenu des activités menées par le Groupe croissance en classe. Je n’ai pas eu d’informations sur l’existence d’autres écoles concernées par les animations de cette ASBL. Les vérifications ont été spécifiquement conduites dans l’établissement scolaire pour lequel nous avions été interpellés à l’époque.

En matière de balises, les circulaires et les brochures transmises aux écoles les invitent à faire appel, d’une part, aux partenaires internes à l’établissement, tels que les CPMS et les services de promotion de la santé, d’autre part, aux partenaires externes comme les dix points d’appui EVRAS qui sont intégrés dans les centres locaux de promotion de la santé et dans les centres de planning familial compétents. Plusieurs études vont dans le même sens. Elles confirment que les écoles font prioritairement appel aux opérateurs référencés dans les circulaires.

Mais dans tous les cas, je sais comme vous qu’il est important que les contenus véhiculés par les opérateurs, qu’ils soient référencés ou non, n’aillent pas à l’encontre des objectifs de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. C’est pourquoi je suis favorable à la mise en place d’une labellisation. Celle-ci déterminerait alors les conditions que les prestataires devraient minimalement satisfaire pour une prestation de qualité au sein des écoles. Nous avons déjà abordé la thématique de la labellisation lors de réponses à Mme Gahouchi et à M. Dufrane. Nous réfléchissons activement à la labellisation et à sa mise en œuvre avec les différents membres du gouvernement, notamment avec Mme Simonis. Plusieurs réunions de travail ont eu lieu à ce sujet. Nous devrions aboutir dans des délais raisonnables.

Christie Morreale : En effet, il est important de s’assurer de la qualité des contenus et d’avoir des opérateurs sûrs. J’encourage les membres du gouvernement à se mettre d’accord sur une série de balises et sur le contenu, mais aussi d’y revenir rapidement, dans l’intérêt des élèves. Si l’on continue à ne pas avoir de gardefous, tout cela risque d’aller, comme vous l’avez dit, à l’encontre des objectifs de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Or ce n’est pas ce que le constituant recherche.