Christie Morreale | Budget de la Communauté française : Les Centres de dépaysement et de plein air préservés
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Budget de la Communauté française : Les Centres de dépaysement et de plein air préservés

L’exécutif Demotte préserve l’emploi (Article paru dans Le Soir du 29 avril 2015)

On craignait le pire. On l’a évité. En conclave mercredi dernier et lundi soir, le gouvernement de la Communauté française a achevé d’ajuster son budget 2015 mardi matin.

La copie a été présentée à la presse mardi midi.

On revient de loin, donc. En février, la Banque nationale avait révisé ses hypothèses de croissance (de 1,5 à 1%) et d’inflation (de 1,3 à 0%). Pour la Communauté française, cela signifiait l’obligation de réaliser de nouvelles économies pour un montant de 160millions.

«Impossible», avaient dit Joëlle Milquet (CDH), la ministre de l’Education, et André Flahaut (PS), le ministre du Budget.

Le gouvernement a décidé de taper plus bas. Au total, a expliqué mardi André Flahaut, l’exécutif PS-CDH se sera limité à des économies pour un montant de 113millions environ.

Ce choix a pour conséquence que le déficit 2015 sera plus pesant que prévu.

Le Conseil supérieur des finances autorise à la Communauté un déficit de 185,6millions. Le déficit réel dépassera ce montant à hauteur de 65,8millions.

Au Comité de concertation fédéral/fédérés (lire ci-dessus) ce mercredi, cette décision fera mousser. Mais la Communauté objecte que:

1–Ce déficit plus lourd qu’autorisé ne remet pas forcément en question l’objectif d’atteindre l’équilibre en 2018, comme les pouvoirs fédérés y sont tenus. «Si la croissance est là, nous atteindrons cet objectif, dit Rudy Demotte (PS), le ministre-président. Sinon, certes, nous aurons des problèmes…»

2– «Il n’y a pas de hiérarchie des normes en Belgique», fait valoir Milquet. Traduction: le fédéral n’est pas le patron et n’a pas à imposer sa volonté aux fédérés.

Rudy Demotte a rappelé que pour confectionner le budget, en octobre, l’exécutif avait déjà dû économiser 140millions. Ces économies, ajoutées à celles nécessaires à l’ajustement, c’était le maximum. «On a été jusqu’à l’os.» Il compare: «Nous étions dans le cas d’une personne qui n’est pas en surpoids et à qui on demande de se mettre au régime au-delà du raisonnable, jusqu’à menacer ses fonctions vitales. Pour faire ce budget, nous avons fait la balance entre la responsabilité et le respect des missions de base de la Communauté.» Il dira aussi: «On ne demande pas à une personne anorexique de faire une cure de plusieurs dizaines de kilos.»

Flahaut: «On a respecté le personnel, on n’a pas cassé l’outil.»

Milquet, elle, insiste sur le fait que la Communauté n’a aucune marge sur ses recettes (elles proviennent du fédéral), qu’elle ne peut donc économiser qu’en dépenses, que cet exercice-là a ses limites et que la Communauté n’est pas responsable de la dégradation des paramètres macroéconomiques. «La croissance, désolée, c’est le fédéral!…»

Mesures techniques. Ceci posé, les économies réalisées à cet ajustement relèvent d’un travail de «monitoring» de chaque dépense. On a serré partout, passé la râpe, sans toucher à l’emploi.

Centres de dépaysement. Elle a beau dire que non, aujourd’hui, mais apprenant en février qu’il faudrait économiser 160 millions, Milquet comptait porter le fer dans les Centres de dépaysement et de plein air – ces dix centres qui appartiennent à la Communauté et qui accueillent des enfants de tous les réseaux. Finalement, pas touche (le PS y était opposé). Mardi après-midi, interrogée au parlement par Christie Morreale, Milquet a tout de même annoncé qu’elle va charger un membre du ministère de faire un bilan de la gestion des centres et qu’elle attend de lui, en septembre, des «propositions d’optimalisation.»

A l’élue PS, la ministre a évoqué une autre piste: est-il nécessaire que chaque centre ait un directeur?

Encadrement différencié. Milquet a annoncé qu’elle confirme le dispositif de l’encadrement différencié – aide aux écoles en difficulté par l’apport de personnel et de subsides complémentaires.

Ces derniers atteignent un montant global de 14millions. A l’été, pendant les négociations majoritaires, il avait été dit qu’ils seraient convertis en emplois. Le secteur avait hurlé. Milquet annonce donc qu’elle confirme les 14millions mais qu’elle déposera bientôt un décret pour qu’une «part» de ces millions serve à de l’engagement.

Cette part n’est pas encore fixée. Elle le sera quand la ministre aura découvert le rapport que l’inspection vient de dresser sur l’utilisation réelle, aujourd’hui, dans les écoles, de ces subsides complémentaires.

PIERRE BOUILLON