Christie Morreale | Comment l’Europe peut-elle autoriser un pesticide nocif (Sulfoxaflor) interdit aux Etats-Unis?
Vice-Présidente du Gouvernement wallon, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des Femmes
4951
post-template-default,single,single-post,postid-4951,single-format-standard,qode-social-login-1.0.2,qode-restaurant-1.0,woocommerce-no-js,ajax_fade,page_not_loaded,,select-theme-ver-4.7,vertical_menu_enabled, vertical_menu_transparency vertical_menu_transparency_on,wpb-js-composer js-comp-ver-5.7,vc_responsive

Comment l’Europe peut-elle autoriser un pesticide nocif (Sulfoxaflor) interdit aux Etats-Unis?

Communiqué de presse

La députée wallonne PS Christie Morreale et l’eurodéputé PS Marc Tarabella encouragent le gouvernement fédéral à faire suspendre la décision européenne

Le Sulfoxaflor est un insecticide neurotoxique très similaire à l’action des pesticides néonicotinoïdes, surnommés tueurs d’abeilles. Cette substance active a été récemment interdite dans une grande partie des Etats-Unis à la suite d’une plainte des associations de protection de l’environnement et des apiculteurs en raison de dégâts « alarmants » occasionnés sur les colonies d’abeilles. Pesticide nocif qui est pourtant autorisé en Europe…

Au niveau européen, l’eurodéputé PS Marc Tarabella, en charge de la Protection du consommateur et de l’Agriculture, s’en étonne : « La Commission européenne a autorisé le Sulfoxaflor malgré les lourdes mises en garde de l’EFSA (Agence européenne de sécurité alimentaire). Cette décision fait peser un important danger sur l’agriculture, la santé et l’alimentation des citoyens européens ».

Et d’ajouter : « Cette décision hâtive va à l’encontre de la loi ! En effet, la législation européenne prévoit des tests d’innocuité sur les abeilles avant toute mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques or, ça n’aurait pas été le cas cette fois-ci. Tout aussi étonnant, les industries agrochimiques qui produisent le Sulfoxaflor ne devraient fournir leur analyse d’impact qu’en août 2017 »…

« Pendant ce temps, ce pesticide sera commercialisé et utilisé sur les cultures en Europe…. Il décimera les abeilles, s’infiltrera dans les sols et les nappes phréatiques… Un risque qu’on ne peut se permettre de courir », insiste la députée wallonne PS Christie Morreale.

Préoccupée par les dangers que représentent les pesticides, la députée a interpellé Carlo Di Antonio, ministre wallon de l’Environnement. Elle entendait attirer son attention sur le récent rapport de Greenpeace qui analyse l’utilisation des pesticides chimiques de synthèse en Europe ainsi que leurs conséquences environnementales “graves à grande échelle”. Par exemple, il existe un lien entre l’utilisation de pesticides et la proportion élevée de cancers chez les agriculteurs.

En effet, c’est également le processus d’autorisation soumis aux pesticides avant d’être introduits sur le marché qu’il faut dénoncer. « Je regrette que l’évaluation des risques ne soit basée quasi exclusivement que sur les données fournies par les industriels. Les récents dossiers Volkswagen ou OGM Syngenta ont pourtant prouvé que devoir se reposer sur la bonne foi des multinationales est dangereux. C’est en ce sens, étant en charge de la Protection des consommateurs européens, que je défendrai ces dossiers devant les plus hautes autorités européennes », souligne Marc Tarabella.

« D’autre part », ajoute Christie Morreale, « ces contrôles portent sur la substance active et non pas sur les additifs or il semble que les cocktails qui en résultent sont encore plus nocifs ».

Si un recours en annulation n’est plus possible devant la Cour de Justice européenne, une action peut être introduite devant une juridiction nationale. Aussi, les deux députés encouragent le gouvernement fédéral à y déposer une question préjudicielle afin de faire suspendre la décision européenne.