Christie Morreale | Définition des perturbateurs endocriniens: la commission européenne défend-elle notre santé ?
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Définition des perturbateurs endocriniens: la commission européenne défend-elle notre santé ?

Ce 4 juillet, les représentants des Etats membres de l’Union européenne ont adopté les critères qui serviront à l’identification des perturbateurs endocriniens, ces substances qui interfèrent avec notre système endocrinien. Un enjeu de santé primordial.

Alors que depuis 2013, la Commission européenne doit définir les critères pour identifier les perturbateurs endocriniens, le projet de règlement a été adopté ce 4 juillet. C’est la douche froide. Les demandes pressantes d’amélioration de ces critères, portées par la société civile et par les scientifiques afin d’assurer une réelle protection de la santé humaine, n’ont pas été entendues.

En effet, ces critères d’identification des perturbateurs endocriniens tels qu’adoptés ne permettront pas de garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement. L’inversion de la charge de la preuve et les niveaux de preuve élevée quant aux effets néfastes des perturbateurs rendront leur identification difficile et risque d’entrainer des retards dans le retrait de ces substances du marché. Trois sociétés de renommées internationales sur les questions d’endocrinologie tiraient la sonnette d’alarme quant aux lacunes de la proposition de critères tandis que plus de 450.000 citoyens européens ont également signé une pétition demandant aux Etats-Membres de rejeter la proposition de la Commission européenne. Malgré cette mobilisation, le texte adopté reste problématique.

Pour Marc Tarabella, qui suit particulièrement ce dossier au Parlement Européen: ” 157 milliards d’euros par an ! C’est ce que coûterait l’ingestion des perturbateurs endocriniens, cette molécule toxique que les industriels mettent dans vos produits alimentaires, eau, bouteilles en plastique, canettes, pesticides, produits cosmétiques, jouets, détergents, etc. Il est inacceptable que le citoyen soit le rat de laboratoire des industries voulant tester leurs produits. La santé des consommateurs est-elle prioritaire ou non?”

Pour moi, il est nécessaire de remettre le principe de précaution au centre de ce débat.  L’Europe devrait montrer l’exemple sur cette question, initier des mesures pour réduire l’exposition des citoyens à ces substances toxiques. Aujourd’hui, on peut réellement se demander si la Commission défend notre santé ou les intérêts des industriels.

La décision du gouvernement fédéral de soutenir ces critères est également une grande déception. J’encourage le Gouvernement wallon à se montrer pro-actif sur ce dossier, en adoptant rapidement le plan “Environnement-Santé”, qui doit prendre la problématique de la pollution environnementale et de son impact sur notre santé à bras le corps.