Christie Morreale | Lieux publics: un passeport pour une meilleure accessibilité des chiens d’assistance
Vice-Présidente du Gouvernement wallon, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des Femmes
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Lieux publics: un passeport pour une meilleure accessibilité des chiens d’assistance

Pourquoi un passeport en vue d’assurer une meilleure accessibilité des chiens d’assistance ?

 

Bien que l’accès des chiens d’assistance aux lieux destinés au public est prévu dans le Code wallon de l’action sociale et de la santé, il n’est pas rare que des personnes handicapées ou familles d’accueil chargées de la formation d’un tel chien se voient refuser l’entrée avec l’animal. Or, pour une personne en situation de handicap, il est important de pouvoir se déplacer avec son chien afin de se sentir davantage en sécurité et de pouvoir jouir d’une plus grande autonomie. Raison pour laquelle des familles d’accueil sont chargées d’écoler les chiens afin de les habituer à circuler dans les différents lieux publics.

« Afin que le chien soit en mesure de guider son maître là où celui-ci souhaite se rendre, et ainsi éviter qu’il ne prenne peur, il convient de le familiariser avec les sons diffusés dans les centres commerciaux, les klaxons des voitures et vrombissements des pots d’échappement et autres bruits mais aussi de l’habituer à circuler dans la foule », souligne Christie Morreale (PS), députée wallonne.

S’il n’est pas rare qu’une personne handicapée ou une famille d’accueil ne soit pas autorisée à entrer avec l’animal, il apparaît que c’est le plus souvent en raison d’une méconnaissance des dispositions légales en la matière. Ce qui a incité la députée à déposer, au parlement de Wallonie, une proposition de résolution visant à promouvoir l’accessibilité des chiens d’assistance dans les établissements et installations destinés au public. Proposition qui a été votée en séance plénière du parlement de Wallonie le 18 novembre dernier.

Cette résolution vise à encourager le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires à la mise en œuvre des dispositions légales qui définissent l’accès des chiens d’assistance aux lieux destinés au public, notamment en menant une campagne d’information et de sensibilisation. Il s’agit, en outre, de créer un passeport destiné à identifier clairement les chiens d’assistance et à rappeler les droits de leurs propriétaires ou familles d’accueil chargées de leur apprentissage. Ce document officiel émanant de la Région wallonne donnerait ainsi une légitimité aux personnes concernées et à leurs chiens.

« Ces mesures devraient suffire pour faciliter l’accès des chiens d’assistance aux lieux et installations destinés au public », estime Christie Morreale. « Mais si certains se montrent vraiment récalcitrants, j’invite le gouvernement à appliquer les sanctions qui sont prévues dans le Code wallon de l’action sociale. En effet, nonobstant certaines dérogations prévues dans ce même code, le refus d’accès des chiens d’assistance est punissable à raison d’une amende pouvant aller de 26 € à 100 € ».

 

L’ASBL Os’mose à l’œuvre

 

Depuis sa création, en novembre 2010, l’ASBL Os’mose œuvre en faveur de l’intégration de la personne moins valide en lui permettant d’acquérir/de retrouver une certaine autonomie. C’est ainsi qu’elle forme des chiens d’aide à destination de personnes en situation de handicap. Pour ce faire, elle peut compter sur la participation de familles d’accueil qui jouent un rôle essentiel dans la formation des chiens.

Ouvrir au monde extérieur des enfants mentalement déficients, mettre en place des activités de stimulation et de motivation dans les instituts de jour pour enfants handicapés et améliorer le bien-être des personnes âgées en maisons de retraite, le tout avec un chien préparé à ces tâches, sont autant d’autres missions de cette ASBL esneutoise.

Concernant les chiens d’aide, l’ASBL privilégie le travail en amont plutôt que d’attendre que surviennent des situations conflictuelles. Ainsi, la fondatrice de l’ASBL, Marie-Claire Dubois, a pris l’habitude de se rendre dans les grandes surfaces, autres commerces, restaurants… que fréquentent généralement la personne handicapée et/ou la famille d’accueil afin d’expliquer aux responsables de ces établissements que l’accès des chiens d’assistance est prévu par la loi. « En général, cela se passe bien », souligne-t-elle.

Désormais, Os’mose est en mesure de proposer des formations de chiens d’aide pour les personnes souffrant de crises d’épilepsie, une maladie relativement fréquente. Le chien constitue, en effet, une sécurité pour ces personnes afin qu’il puisse non seulement donner l’alerte en cas de crise mais aussi détecter une crise imminente et ainsi en informer son maître qu’il doit se mettre en sécurité!

Il s’agit d’une première en Wallonie sachant que jusqu’à ce jour, l’ASBL Os’mose n’avait d’autre solution que de diriger les personnes épileptiques désireuses d’acquérir un chien d’assistance vers une ASBL située en Flandre (Hachiko), spécialisée dans la formation de ce type de chien. Après avoir suivi une formation auprès de cette même ASBL, Os’mose peut désormais répondre aux demandes en Wallonie!

Ces chiens d’assistance, généralement des Goldens retrievers car ils sont d’humeur joyeuse, sont formés à répondre à une cinquantaine de commandes (ouvrir une porte, la refermer, ramasser un objet tombé par terre et le mettre sur les genoux de son maître, appeler un ascenseur, tendre le portefeuille de son maître lorsque le comptoir est trop haut…). Ils sont une aide précieuse pour les personnes en situation de handicap et souffrant de crises d’épilepsie!

Le chien m’a permis de récupérer confiance en moi ainsi qu’une autonomie quasi complète. Dans un magasin, il m’aide à prendre des marchandises dans les rayons et il les dépose sur mes genoux“, explique Déborah, qui présente une infirmité motrice cérébrale. “Je ne saurais pas vivre sans chien”.

Outre les formations au centre d’entraînement d’Os’mose, les chiens sont placés en famille d’accueil durant environ 18 mois. Celles-ci sont chargées d’emmener le chien partout avec elles afin de l’habituer à circuler en différents endroits. C’est le cas de Georges, famille d’accueil pour la première fois: “quand je me suis présenté dans un magasin en particulier, j’ai été confronté à un refus catégorique d’entrer avec le chien. Je n’ai pas eu d’autre solution que de m’en plaindre aux personnes d’Os’mose, qui sont entrées en contact avec le magasin en question. Un peu plus tard, on m’informait que j’y étais le bienvenu”.

 

Lien vers la résolution : http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2015_2016/RES/168_4.pdf