Christie Morreale | Mr Di Antonio néglige totalement le problème du harcèlement dans les transports en commun !
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Mr Di Antonio néglige totalement le problème du harcèlement dans les transports en commun !

Question écrite à Monsieur Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal

En 2014, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) a publié la plus grande enquête à l’échelle mondiale sur la violence à l’égard des femmes. Ainsi, 42.000 femmes âgées de 18 à 74 ans de toute l’Union européenne ont participé à ce projet. Au niveau européen, les transports en commun apparaissent pour les femmes comme un lieu dangereux où peuvent survenir des violences physiques et sexuelles.

Concernant les chiffres relatifs à la Belgique, près de 60 % des femmes perçoivent la violence à leur égard comme « assez courante » dans l’espace public et 40 % d’entre elles la considèrent comme « très courante » dans les transports en commun.

Notre collègue Véronique Bonni et moi-même avons déjà pu évaluer le phénomène : il n’est pas anodin et ne peut pas être banalisé. C’est également ce qui se traduit des premiers résultats du projet « Genre et insécurité dans l’espace urbain : recherche exploratoire en Belgique francophone » ; le harcèlement dans les transports en commun ne faiblit pas.

Les techniques d’évitement portant sur les tenues, sur l’itinéraire et les moyens de locomotion, développées par les femmes traduisent le caractère prégnant de ce fait de société qui va, parfois, jusqu’à entraver la mobilité féminine.

En avril dernier, Monsieur le Ministre évoquait la création d’un groupe de travail chargé de réfléchir quant à l’enrayement de cette problématique. Peut-il nous dire à quel stade se trouve la réflexion ? Des solutions commencent-elles à émerger ? Quels outils devraient-ils permettre d’apporter des solutions concrètes et durables aux utilisatrices des transports en commun ?

Réponse

La problématique évoquée constitue un phénomène de société qui dépasse le cadre du transport public proprement dit, et qui n’y est pas forcément lié. Il s’agit avant tout d’une question d’éducation et de savoir vivre en société, quels que soient le lieu et le contexte. Il n’y a pas de signaux anormalement élevés, via les plaintes ou les rapports d’ambiance des conducteurs et contrôleurs, de cas de harcèlement sexuel dans les TEC.

Pour autant, cela n’empêche pas le Groupe TEC de prendre cette question très au sérieux et de rester attentif à tous comportements inappropriés ou faits de violence perpétrés dans le cadre de ses missions, et ce, en vue de les prévenir et de les éradiquer. Fort des résultats de l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et sur base de son propre questionnaire administré à 300 personnes, j’ai décidé d’organiser un groupe de travail sur le sujet ; auquel j’ai convié l’honorable membre, à l’instar de ses collègues Mesdames Salvi, Baltus –Möres, Bonni et de représentants de la SRWT.

Ce groupe de travail s’est donc réuni, à mon initiative, le 6 juin 2016. Cette rencontre a été fructueuse, et a permis d’élaborer une stratégie afin d’aborder ce phénomène de harcèlement dans les transports en commun. À cet égard, mon administration a ainsi été chargée de lancer une étude plus approfondie pour recueillir des chiffres relatifs à ce phénomène, et d’établir une méthodologie de suivi (tableau de bord) dudit phénomène en vue de permettre d’alimenter la réflexion et la prise d’actions.

Des informations reçues de mon administration, aucun prestataire sollicité, à savoir les institutions universitaires, n’avaient déposé offre, eu égard à des contraintes temporelles. Il a été décidé de relancer le marché avec une échéance fixée début février 2017.

Sur base de cette étude précitée, un plan d’actions et de communication sera mis en place au sein des TEC.

Une large opération de communication pourra être développée afin de sensibiliser le grand public, notamment via les supports digitaux de la SRWT, ainsi que le réseau d’affichage dans les bus. En effet, pour sensibiliser sa clientèle à de tels problèmes de société, le TEC dispose d’un réseau d’affichage interne dans les bus, régulièrement utilisé pour promouvoir les comportements « civiques » et le cas échéant sensibiliser les passagers à une problématique particulière. Une campagne qui abordera la question du respect de l’individu en général et de la femme en particulier pourra être proposée sur base des résultats de cette étude.

Par ailleurs, une attention particulière sera apportée à la sensibilisation du personnel – contrôleurs et chauffeurs – notamment via les formations. L’enjeu est important. Il s’agit de garantir à toutes et à tous un accès aux transports en commun et tant le Groupe TEC que moi-même y sommes évidemment très attachés.