Christie Morreale | « On peut se respecter même si on n’est pas d’accord » !
Vice-Présidente du Gouvernement wallon, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des Femmes
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« On peut se respecter même si on n’est pas d’accord » !

Ce lundi, à l’initiative de la députée PS Christie Morreale, une rencontre a été organisée au sein de l’athénée royal d’Ans où, dans le courant du mois de janvier, les cours de religion (catholique, protestante, islamique) et de morale y ont été dispensés de manière groupée durant une quinzaine de jours. Toutes les classes (environ 1.000 élèves) ont ainsi mené cette expérience qui faisait suite aux tragiques événements survenus à Paris les 7, 8 et 9 janvier derniers, dont l’attentat à l’encontre de la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo.

« A la suite de ces événements, on a ressenti le besoin de s’exprimer au sein de l’établissement. Les professeurs ont demandé à pouvoir remettre en place le dispositif qui avait déjà été mené en 2001 à la suite des attentats aux Etats-Unis. L’idée était de donner les cours dits philosophiques en commun afin de réunir, croiser les points de vue », a précisé Manuel Dony, préfet des études à l’athénée royal d’Ans.

Les avis divergent quant au maintien, ou non, des cours dits philosophiques dans les établissements scolaires. Sachant qu’il a été décidé d’appliquer l’accord de majorité PS-CDH relatif au remplacement progressif, dès 2016, d’une des deux heures de cours de religion, dans le réseau officiel, par une heure d’éveil à la citoyenneté, la députée Christie Morreale souhaitait pouvoir échanger avec des étudiants et professeurs afin de relayer leur ressenti en commission de l’éducation du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, au sein de laquelle elle siège. Afin de rendre le débat le plus démocratique possible, elle a invité d’autres parlementaires à se joindre à elle. Y ont pris part Marie-Martine Schyns (CDH), Charles Gardier (MR) et Barbara Trachte (Ecolo).

Une trentaine de rhétoriciens ont ainsi livré leur ressenti vis-à-vis de l’expérience qui a été menée au sein de leur établissement. Des étudiants manifestement très intéressés au vu des nombreux sentiments et arguments qu’ils ont partagés avec les parlementaires. Dans l’ensemble, ils ont jugé l’idée bonne mais ils auraient souhaité disposer de plus de temps pour approfondir les discussions.

« Le fait d’être rassemblés nous permet de mieux connaître la religion des autres, de mieux se comprendre les uns les autres », a confié un étudiant. « C’est essentiel d’avoir un cours qui développe l’esprit critique », a souligné un autre étudiant.

Si ces jeunes se sont montrés favorables à l’instauration d’une heure de cours de citoyenneté, au cours de laquelle diverses thématiques seraient débattues (vie sexuelle, environnement, égalité entre les hommes et les femmes…), certains ont estimé qu’il convient de ne pas complètement supprimer les  cours dits philosophiques. « Si on les supprime, cela peut pousser à la radicalisation… », a précisé une étudiante. « Car si un jeune ne trouve pas l’écho qu’il souhaite au sein du cours, il ira peut-être chercher l’information sur Internet où l’on trouve tout et n’importe quoi » ! « Alors qu’il n’y a pas de cours dits philosophiques en France, cela n’a pas empêché les attentats… », a fait remarquer un autre étudiant.

Les parlementaires ont répondu aux interrogations de ces jeunes en précisant, notamment, les positions de leurs partis respectifs au niveau des cours dits philosophiques. Dans l’ensemble, ils sont favorables à l’instauration d’un cours d’éveil à la citoyenneté.

« Actuellement, la constitution ne permet pas qu’on supprime les cours philosophiques mais il s’agit d’un grand pas en avant par rapport au pacte scolaire de 1958 », a souligné Christie Morreale. « C’est bien de se parler mais l’idée est d’aller au-delà, d’arriver à quelque chose de nourri au niveau du cours, à un programme structuré et ce, sans perte d’emplois. Les modalités doivent être réfléchies. Ce n’est pas parce qu’il y a eu ces terribles événements qu’il faut se précipiter ».

D’où l’intérêt de ce type de rencontre avec des étudiants et professeurs ayant expérimenté la notion de cours d’éveil à la citoyenneté ! Désormais, il ne reste plus aux parlementaires qu’à relayer les opinions qu’ils ont ainsi recueillies vers le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

« Diverses pistes sont à exploiter », a ajouté Christie Morreale. Pistes qui pourraient se clarifier lorsque la Cour constitutionnelle aura rendu son arrêt à la suite du recours ayant été introduit, en Flandre, par des parents qui ne souhaitent pas que leurs enfants suivent un cours de religion…

Le préfet de l’athénée a conclu les échanges en annonçant qu’il avait l’intention de proposer aux enseignants qui donnent les cours philosophiques de remettre en place le dispositif après les congés de Pâques. Il souhaiterait également leur proposer de se concerter afin d’uniformiser 30 % des contenus des différents cours.