Christie Morreale | Pour un meilleur accompagnement dans la scolarisation d’enfants atteints d’un handicap
6755
post-template-default,single,single-post,postid-6755,single-format-standard,qode-social-login-1.0.2,qode-restaurant-1.0,woocommerce-no-js,ajax_fade,page_not_loaded,,select-theme-ver-4.7,vertical_menu_enabled, vertical_menu_transparency vertical_menu_transparency_on,wpb-js-composer js-comp-ver-5.7,vc_responsive

Pour un meilleur accompagnement dans la scolarisation d’enfants atteints d’un handicap

Question écrite à Madame Schyns, Ministre en charge de l’enseignement obligatoire

L’AVIQ et PHARE, les deux agences régionales sont responsables de l’aide aux personnes porteuses d’un handicap, accompagnent les familles et les personnes dans diverses démarches, afin de les guider de manière optimale, de leur apporter un soutien technique ou administratif. Elles ne sont cependant pas chargées d’accompagner les familles dans les démarches relatives à la scolarisation des enfants puisqu’elles ne peuvent intervenir que dans le cadre de l’aide individuelle à la scolarisation.

Or, comme vous le savez très certainement, les parents sont très souvent démunis face à la question de la scolarisation d’un enfant porteur d’un handicap. Beaucoup de questions se posent à eux: mon enfant peut-il être scolarisé dans une école ordinaire, quels sont les projets pédagogiques intéressants, quelle école lui conviendrait, quelle école se montre ouverte aux projets d’intégration et d’inclusion scolaire, que faire en cas de refus répétés, … De nouveau, sur cette question d’accompagnement, les associations qui existent reposent essentiellement sur l’initiative de parents et sont donc rares. L’ONE quant à elle, concentre ses activités sur l’accueil temps libre pour les enfants de 3 à 12 ans. Dès lors, vers qui ces parents peuvent-ils se tourner ? Qui peut les conseiller dans ces démarches, parfois très complexes ?

Il m’est effectivement revenu, à plusieurs reprises, que les parents étaient confrontés à un véritable parcours du combattant, surtout lorsqu’ils souhaitent que leur enfant fréquente l’enseignement ordinaire. Ils méconnaissent alors les procédures administratives, leurs droits et les obligations auxquelles les écoles sont tenues.  Ils ignorent également l’éventail de solutions qui peuvent se mettre en place. Régulièrement, en tant que députée, je suis sollicitée par des parents qui savent plus vers qui se tourner pour obtenir une information complète et objective en la matière. Madame la Ministre, vers qui ces familles peuvent-elles se tourner pour répondre à leurs questions ? Vous savez que certaines écoles se montrent très proactives dans l’inclusion et l’intégration des enfants porteurs d’un handicap mais les familles ne les connaissent pas nécessairement. Ces quelques établissements ne peuvent pas répondre favorablement à toutes les demandes. Il est donc nécessaire de les informer des alternatives, des possibilités qui existent mais aussi de leur droit en la matière.

Réponse

Les processus d’intégration permettent, depuis 2009, la scolarisation en enseignement ordinaire d’élèves présentant un trouble d’apprentissage avéré ou porteur d’un handicap.

Pour l’année scolaire 2016 – 2017, 3 685 élèves bénéficient d’un accompagnement spécifique en enseignement ordinaire. Si, au départ de ces projets, peu d’écoles étaient concernées, ce n’est plus le cas actuellement. En effet, 653 écoles fondamentales ordinaires sur 1 906, 321 écoles secondaires ordinaires sur 499, 153 écoles fondamentales spécialisées sur 167 et 72 écoles secondaires spécialisées sur 99 participent maintenant aux différents processus d’intégration.

Cependant, il faut reconnaître que pour certains handicaps, il n’est pas facile pour les parents de trouver une école ordinaire acceptant de scolariser leur enfant. C’est notamment le cas pour les élèves présentant un handicap mental sévère ou de l’autisme et dans une moindre mesure pour ceux présentant un problème de vue ou d’ouïe important.

Les enseignants de l’ordinaire, malgré leur liberté de choix des outils et des méthodes ont le sentiment qu’ils ne sont pas compétents (qu’ils sont moins compétents) pour enseigner à ces élèves.

Si l’Agence pour une Vie de Qualité (AVIQ) et le service Personne Handicapée Autonomie Recherchée (PHARE) sont bien connus des parents, au niveau de la scolarité de leur enfant, ce sont bien les centres PMS qui sont les interlocuteurs de premier plan en capacité de les informer et de les accompagner dans leurs démarches. Le travail de ces centres peut être complété par des associations ou des services spécifiques tels que : les centres de référence en autisme, le Service Universitaire Spécialisé en Autisme (SUSA), la Plateforme Annonce Handicap, l’Association de Parents pour l’Epanouissement des Personnes avec Autisme (APEPA), l’Association Pour les Enfants en Difficulté d’Apprentissage (APEPA), l’Association des Parents et des professionnels autour de la personne handicapée (AP³), l’Association pour les élèves à hauts potentiels (EHP Belgique).

Pointons aussi, au cœur de cette problématique des relations écoles-familles, la pression croissante de l’environnement familial ressentie par certaines équipes pédagogiques. De ce fait, de quelque côté que viennent les incompréhensions et les sollicitations, les missions d’information et d’accompagnement, des parents dans leur dialogue avec l’école, réalisées par le centre PMS, prennent ici tout leur sens.

L’avis no 3 du Groupe central du Pacte prévoit que chaque élève trouve la place qui lui convient dans notre système éducatif. Le développement des aménagements raisonnables et la mise en œuvre des pôles territoriaux qui auront notamment pour mission de gérer toutes les intégrations et les inclusions dans l’enseignement ordinaire et d’assurer le lien entre les différents partenaires, internes et externes à l’école, dont les parents, devraient permettre d’atteindre cet objectif.