Christie Morreale | Tabagisme: un fléau à l’école!
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Tabagisme: un fléau à l’école!

Question à Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles

 

Lancée en février 2013 dans la région namuroise, l’étude européenne SILNE s’est achevée le 8 décembre à Bruxelles. Cette étude s’est notamment penchée sur le comportement tabagique de 2.137 élèves de 3e et 4e années secondaires en Belgique. Selon ses résultats, la moyenne européenne de jeunes fumeurs réguliers (à savoir une à deux cigarette(s) par semaine) s’élève à 20 %. Le résultat pour la Belgique est plus important puisqu’il atteint 24 %.

Depuis le 5 mai 2006, la Fédération Wallonie-Bruxelles s’est dotée d’un décret sur la prévention du tabagisme à l’école et l’interdiction de fumer. Or, de nombreux témoignages attestent des difficultés de l’appliquer sur le terrain. En effet, toujours d’après l’étude SILNE, seuls les élèves d’une école sur sept déclarent en majorité (62 %) que les règles sur la consommation de tabac sont respectées. Dans une école particulièrement touchée par le tabagisme précoce, seulement 13 % des élèves déclarent que les règles sont respectées. Pire, 56 % d’entre eux ont déjà vu leurs enseignants fumer. Le décret a-t-il déjà été évalué ? Pensez-vous qu’il soit respecté dans l’ensemble des institutions scolaires ?

Puisque l’on connaît aujourd’hui l’influence exercée par les pairs, la pression des amis et les normes du groupe sur le comportement des jeunes fumeurs, nous devons privilégier la sensibilisation. Quelles actions permettent actuellement de lutter efficacement contre le tabagisme de nos jeunes ? Plusieurs solutions sont évoquées dans cette étude européenne. Je retiens notamment les approches ciblées des fumeurs « les plus populaires », qui inspirent les comportements d’autres jeunes. Quel est votre avis sur la question ?

Les chercheurs, enfin, expriment une inquiétude que nous ne pouvons pas laisser sans ré- ponse : pour eux, le tabagisme des jeunes n’est plus à l’ordre du jour dans les écoles. Il est donc nécessaire de rappeler l’importance de ce combat.

 

Réponse de la ministre

 

La Fédération Wallonie-Bruxelles s’est dotée en 2006 du décret sur l’interdiction de fumer à l’école. Ce texte s’inscrivait dans le cadre de la promotion de la santé à l’école. Il prévoyait également des actions d’information et de prévention du tabagisme.

Son évaluation en 2007, parallèlement à d’autres évaluations internationales, a montré que la loi à elle seule ne suffit pas. Elle doit s’inscrire dans un projet global intégrant les dimensions de la santé, de la consommation, de la citoyenneté. En effet, la loi doit se frayer une place dans le projet scolaire. Les établissements doivent organiser des activités de promotion de la santé, d’information et de prévention des assuétudes. Lors des contacts entre les jeunes et les services de promotion de la santé à l’occasion des bilans médicaux, cette question doit être systématiquement abordée. Des activités collectives doivent mettre en discussion les questions de santé tout en veillant aux aspects transgressifs propres à l’adolescence.

Comment amener le jeune à trouver un équilibre entre santé et prise de risques ? Comment résister à des dynamiques de groupes ? Nous discutons régulièrement avec les acteurs de la santé impliqués dans différents projets scolaires. Des partenariats sont prévus entre les enseignants, les centres PMS et les opérateurs externes comme le Fonds des affections respiratoires ou Fares.

La santé à l’école étant gérée par les services qui dépendront de l’ONE, nous pourrons travailler d’une manière plus intégrée, dans le cadre de synergies entre les PSE et les PSM afin d’aboutir à des projets de santé à l’école plus cohérents, notamment sur la question des drogues et du tabagisme. Nous devons en effet, également, affronter le problème du cannabis même s’il a ses spécificités. Cela reste de l’addiction.

Les compétences des PSE nous ayant été octroyées, nous comptons déployer des plans ambitieux en coordination avec les PMS afin d’aider les établissements dans cette lutte qui ne paraît pas toujours prioritaire.

 

Réplique de Christie Morreale

 

Je vous remercie, madame la ministre, pour votre réponse. L’étude montre que chez nous, le taux de tabagisme régulier dépasse de 20 % celui des autres pays européens.

Ce constat doit nous interpeller afin de mener des actions et de mobiliser l’ensemble des acteurs afin de mieux circonscrire notre politique pour la rendre plus efficace.

La prévention du tabagisme et de l’usage du cannabis est primordiale car la précocité de la consommation est identifiée comme facteur de risque de dépendance durable.