Christie Morreale | Transports en commun comme dans la rue: faire bouger les lignes sur les comportements inappropriés subis par les femmes/filles
Vice-Présidente du Gouvernement wallon, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des Femmes
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Transports en commun comme dans la rue: faire bouger les lignes sur les comportements inappropriés subis par les femmes/filles

Hier encore, l’association d’usagers de transport française publiait une étude relative au harcèlement dans les transports en commun, qui démontre une nouvelle fois l’ampleur du phénomène. Je souhaite également que ce type d’enquête soit réalisé en Région Wallonne, pour que l’on dispose de données concrètes.
Si les chiffres dévoilés dans le Parisien ne sont pas surprenants, ne reflétant qu’une petite partie de la réalité quotidienne vécue par les jeunes filles et les femmes dans notre société profondément patriarcale, il n’en reste pas moins qu’ils sont choquants.
On y apprend notamment que 34% des femmes utilisent un autre mode de transport de peur de subir insultes, comportements inappropriés, harcèlement ou agressions. Les femmes doivent utiliser les transports en commun si elles le veulent, au même titre que les hommes. Les transports en commun sont publics, ils doivent être accessibles à tous, sans que l’on ne craigne être victime de harcèlement.
Les phénomènes d’évitements qui englobent, par exemple, le fait de ne pas utiliser les transports à certaines plages horaires, de s’habiller différemment, de ne pas prendre certaines lignes, … Ces phénomènes conscients ou inconscients (on ne se rend pas toujours compte qu’on adapte son comportement) sont inacceptables car ce n’est pas aux victimes à s’adapter mais aux agresseurs de cesser leurs agissements.
Pour contrer les comportements sexistes, il faut nécessairement encourager une attitude collective de refus de ce type de comportements ! Or, aujourd’hui, quand on voit que 89% des agressions ne provoquent aucune réaction, il faut aussi s’interroger.
La banalisation peut elle-même provoquer des stratégies d’évitement : si on voit quelqu’un se faire agresser mais que l’on ne réagit pas, la victime aura tendance à s’interroger et se considérer comme responsable de la situation. Il est fondamental de rétablir la norme, qui est que l’espace public appartient à tout le monde et que chacun a le droit de s’y sentir en sécurité !
Il apparaît nécessaire de travailler depuis les prémisses de l’éducation sur les questions d’égalité, et sur l’ensemble du cursus scolaire, comme dans les maisons et organisations de jeunes.
Il faut aussi lancer des campagnes de communication sur le sujet, dans les bus, les écoles, les bars, les centres commerciaux.
L’enjeu est de redéfinir des moyens de communication entre les hommes et les femmes qui devraient se baser sur le respect mutuel de chacun.