Certificat de médecine environnementale: pour une prise en charge des facteurs environnementaux

 

La formation des acteurs de la santé aux problématiques liées aux impacts sanitaires de la pollution environnementale est essentielle. Or, actuellement, en Fédération Wallonie-Bruxelles, elle fait cruellement défaut.

 


Le manque de formation du monde médical a été mis en lumière dans plusieurs dossiers dont je m’occupe : qualité de l’air, perturbateurs endocriniens, pesticides,… En général, les médecins généralistes, notamment, ignorent totalement l’impact que la pollution environnementale peut avoir sur la santé. Or, on sait maintenant plus précisément comment ces contaminations peuvent influencer notre système neurologique, métabolique ou hormonal. Chaque année, les particules fines, l’ozone et les oxydes de nitrate font perdre environ 125 000 années de vie aux Belges et causent 11 570 morts prématurés. Il est également prouvé que les perturbateurs endocriniens augmentent le risque d’obésité et de diabète de type 2. L’exposition aux pesticides entraine également une série de maladie, dont il est pourtant possible de se protéger.

Les fœtus et les jeunes enfants sont particulièrement sensibles aux contaminations environnementales. Par des gestes simples, il est possible de réduire les risques. Pour cela, il faut encore que les patients eux-mêmes soient informés des risques. A ce titre, le travail de prévention et d’information doit nécessairement être effectué par le monde de la santé. L’objectif de ce certificat est de former les professionnels de la santé (médecins généralistes et spécialistes, infirmiers et infirmières, sages-femmes, pharmaciens, etc.) à rechercher et identifier des causes environnementales aux problèmes rencontrés par leurs patients.

Pour moi, la mise en place d’un certificat de médecine environnementale répond à un besoin essentiel. Cette formation, demandée depuis de nombreuses années, devrait débuter en janvier 2019.

 

 

 

 

Question écrite de Christie Morreale destinée à Monsieur le Ministre de l’enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt

Dans le cadre de son rapport relatif à la prévention et à l’élimination des perturbateurs endocriniens, le Sénat formule une série de recommandations relative à l’élimination des perturbateurs endocriniens.

On retrouve des substances chimiques ayant une influence sur le système endocrinien humain, dans notre air, dans notre eau, dans notre environnement en général. Parmi les nombreuses recommandations fournies par le Sénat, on peut y épingler : « la mise en œuvre du certificat de médecine environnementale (CIU) du côté francophone (ULB, UCL & Ulg) dès 2019 et d’en évaluer le bon fonctionnement ainsi que de suivre sa mise en œuvre du côté néerlandophone (KUL, UA, UGent & VUB) et d’analyser les éventuels obstacles à sa mise en œuvre. ».

Monsieur le Ministre peut-il m’apporter des informations complémentaires concernant ce certificat de médecine environnementale ? Où est-en ce projet ? Les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles vont-elles mettre en place ce certificat ? A qui sera-t-il destiné ?

Réponse

Les discussions pour la mise en place d’un certificat en médecine environnementale ont été initiées dans le cadre du plan national belge environnement santé (NEHAP) visant la formation des professionnels de la santé aux effets des expositions environnementales sur la santé des individus. En 2014, un premier travail a mené à un inventaire des formations existantes en Belgique. Suite à cet inventaire et sur base des résultats, le projet d’un certificat en médecine environnementale a été lancé à la fois du côté francophone et du côté néerlandophone.

Du côté francophone, un projet de certificat interuniversitaire a réuni plusieurs facultés de trois universités (l’ULB, l’UCL et l’ULiège) en bonne collaboration avec la cellule de coordination du NEHAP. Le projet est coordonné par l’Ecole de santé publique de l’ULB en collaboration avec la faculté de médecine et la formation continue HELSci.

L’objectif est de former les professionnels de la santé(médecins généralistes et spécialistes, infirmiers et infirmières, sages-femmes, pharmaciens, etc.) à rechercher et identifier des causes environnementales aux plaintes de santé qu’ils reçoivent lors des entretiens en colloque singulier avec un patient. L’identification de causes environnementales les conduira à compléter un traitement par des conseils liés aux expositions à un ou plusieurs paramètres de l’environnement.

Le certificat se traduit par une formation étalée sur deux années. La formation comprend un volet théorique, des exemples, des études de cas, des démonstrations et des travaux pratiques mais aussi la mise en pratique des apprentissages par des travaux collaboratifs et interprofessionnels et à terme l’intégration dans un travail de fin d’études.

Actuellement, les partenaires finalisent le dossier de reconnaissance du certificat à destination de l’ARES afin d’avoir l’accord pour l’année académique 2018-2019. Le programme devrait démarrer en janvier 2019 avec une vingtaine de participants.

 

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