Christie Morreale | Inclure l’orthodontie lors des visites médicales, pour une meilleure prévention
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Inclure l’orthodontie lors des visites médicales, pour une meilleure prévention

Question écrite à  Madame la Ministre Alda Greoli, en charge de la culture

Suite à la 6ième réforme de l’Etat, les services de Promotion de la Santé à l’Ecole ont attribué la tutelle de ces services à l’ONE. Dès lors, permettez-moi de vous interroger sur les visites en orthodontiques.

Il y a des étapes marquantes dans un parcours scolaires et, paradoxalement puisqu’elles sont fort peu nombreuses, les visites médicales en font certainement partie. Si ces moments peuvent être particuliers et parfois stressant pour les élèves, il n’en demeure pas moins que les visites médicales scolaires sont particulièrement utiles pour la détection de certaines difficultés ou troubles.

Ainsi l’audition et la vue sont particulièrement testées, ainsi que les indices de développement physiques.

Néanmoins, Madame la Ministre, il est un aspect qu’il me semble important de voir figurer dans les diagnostics ; c’est la santé dentaire. Cela n’est vraiment pas anecdotique au moment où il y a une augmentation des soins dentaires. Et pas forcément pour des soins plutôt esthétiques. Il s’agit bien ici du bien-être des élèves. Nous savons qu’en ce domaine, comme dans bien d’autres, les détections les plus précoces sont le meilleur gage d’une solution ultérieure.

Ainsi, j’aurais voulu savoir ce qu’il en était des soins dentaires dans le cadre scolaire. Et à plus forte raison lors des visites médicales. Sont-ils inclus dans certains endroits ? Je ne pense pas, des renseignements que j’ai pu avoir, que la pratique existe. Ne serait-il pas intéressant de pouvoir la développer ?

L’école me semble un lieu particulièrement opportun pour ce faire puisque tous les élèves doivent passer par la visite. Et qu’une tel aide serait appréciable pour les familles même si je conçois parfaitement qu’on ne puisse développer de véritables consultations orthodontiques lors des visites médicales. Mais peut-être que des examens basiques seraient déjà possibles ?

Réponse

Les services de santé scolaire sont bien évidemment soucieux de la santé dentaire des enfants. Toutefois, je souhaite repréciser auprès de vous le rôle des services de promotion de la santé à l’école. En ce qui concerne le suivi de la santé des enfants, ces équipes développent un travail exclusivement préventif : poids, taille, acuité visuelle, audition, examen clinique (y compris examen de la bouche). Lorsqu’un problème est décelé, le médecin scolaire ne propose pas de traitement, il invite les parents à consulter un prestataire de soins.

L’examen ORL et buccal fait partie de l’examen clinique réalisé lors des bilans de santé.  Les médecins scolaires détectent les problèmes dentaires et orthodontiques dans la mesure de leurs compétences médicales : les caries visibles à l’œil nu, les gingivites, les troubles d’occlusion évidents tels les béances ou articulés croisés, les dents ectopiques etc… seront référés chez le spécialiste dentiste ou orthodontiste.

A côté des traitements orthodontiques classiques, l’INAMI a décidé de prendre en charge le remboursement de traitement orthodontique de première intention (TOPI). Ce type de traitement vise à une intervention précoce, pour intercepter certains types de problème, comme des articulés croisés frontaux et latéraux, intervenir sur des incisives fort en avant qui courent des risques évidents de recevoir des chocs, et d’autres circonstances médicales bien délimitées.

Ce type de traitement se veut précoce. C’est pourquoi il est soumis à des règles de nomenclature précise dont l’une est de mettre fin à l’intervention de l’INAMI le jour du 9ème anniversaire. En effet, démarrer ce type de traitement tardivement lui ferait perdre son caractère précoce d’interception.

Ce remboursement n’a été introduit qu’au 1er juillet 2008. Et comme toute nouveauté dans la couverture des soins, il faut un peu de temps pour atteindre une phase de stabilité. Il est donc tout à fait normal d’enregistrer encore une croissance du nombre de cas pris en charge par les remboursements. Cela ne signifie nullement que le besoin en soins a augmenté de la même façon durant la même période.

L’objectif secondaire de ces traitements interceptifs est de simplifier un traitement orthodontique classique voire de faire en sorte qu’il ne soit plus nécessaire.

Les spécialistes consultés me disent qu’il n’y a pas un « âge idéal moyen » pour commencer un traitement orthodontique. Chaque cas est bien évidemment un cas individuel. Et l’âge de début d’un traitement et les périodes de traitements actifs sont individualisés selon la pathologie.

Ce qui importe, c’est que le dépistage soit précoce et le suivi continu. Cela suppose des visites régulières.

Des efforts importants ont été faits pour le suivi bucco-dentaire des enfants depuis 2005. C’est le dentiste généraliste de famille qui joue le rôle principal dans ce dépistage précoce. Deux visites par an sont préconisées pour les enfants et sont prises en charge intégralement par l’INAMI (pas de tickets modérateurs).

L’ONE et les services PSE (Promotion de la Santé à l’Ecole) font de gros efforts d’information à propos de la visite régulière chez le dentiste. Des feuillets informatifs de la Fondation pour la Santé Dentaire (Souriez.be) sont remis systématiquement lors des visites médicales.

Les médecins ONE et les médecins PSE ont bénéficié de formation en matière d’orthodontie, avec la collaboration de l’APMS (Association Professionnelle des Médecins Scolaires) et de la Fondation pour la Santé Dentaire.

Le dépistage et la sensibilisation sont un volet de la problématique. La prise en charge en est un autre.

L’ONE poursuit  ses actions de sensibilisation et de dépistage avec les services PSE et les dentistes en matière d’orthodontie précoce.