Christie Morreale | Nos pommes pleines de … pesticides ?
Vice-Présidente du Gouvernement wallon, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des Femmes
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Nos pommes pleines de … pesticides ?

Région wallonne

QUESTION ORALE DE MME MORREALE À M. COLLIN, MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES INFRASTRUCTURES SPORTIVES, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LA PRÉSENCE DE PESTICIDES DANS LES POMMES »

Monsieur le Ministre, je voudrais revenir, à la suite de la question d’actualité dont nous avons eu l’occasion de discuter lors de la dernière séance plénière au sein de ce Parlement, sur l’étude qui a été menée par Greenpeace et dont vous aviez eu quelques échos, mais pas encore totalement.

Je souhaitais savoir si vous avez pu prendre connaissance de l’étude, savoir quelle a été la méthode utilisée pour procéder aux analyses. Des exploitations wallonnes ont-elles été étudiées ? Selon mes souvenirs, en question d’actualité, vous aviez évoqué le fait qu’en Belgique apparemment trois exploitations avaient fait l’objet de prélèvements. J’aurais souhaité savoir s’il en existait en Wallonie. Le cas échéant, quels sont les résultats, si nous pouvons avoir une déclinaison wallonne ?

D’une manière générale, il y a eu une communication de Greenpeace qui, je crois, a eu deux incidences négatives, dans le sens où elle risque d’avoir jeté la suspicion sur l’ensemble du secteur agricole et risquerait éventuellement de nuire à ceux qui auraient une lecture peut-être un peu lointaine ou, en tout cas, auraient l’impression, parce qu’il y a des pesticides dans certains fruits ou parce que les analyses ont donné des résultats qui pourraient paraître inquiétants à leurs yeux, de ne plus devoir consommer des fruits que nous défendons pourtant tous. Il faut évidemment analyser les résultats tout en disant qu’il est très important de pouvoir consommer des fruits et des légumes.

Quoi qu’il en soit, il est nécessaire de continuer à travailler à la réduction des pesticides de manière générale et dans l’ensemble de notre agriculture. Pouvez-vous faire le point sur le programme wallon de réduction de l’utilisation des pesticides ? Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés et quels sont les moyens que vous vous êtes donnés pour les atteindre ?

Je pense qu’il ne faut pas opposer les agriculteurs aux consommateurs et à l’environnement. On doit travailler de concert, ensemble. Il faut soutenir les agriculteurs dans leurs démarches pour pouvoir faire en sorte qu’ils puissent avoir une production. En sachant qu’ils vont utiliser moins de produits chimiques, moins de produits nocifs, mais aussi faire en sorte que nous, consommateurs, nous consommions local quand c’est possible.

Enfin, il est important de savoir ce que l’on a dans notre assiette. De ce point de vue, on doit encore faire des efforts. Si le consommateur était vraiment informé correctement dans les labels d’un certain nombre de nos produits, on verrait comment il est composé, par quels ingrédients. On ne le voit pas dans nos fruits et nos légumes et je pense que ce serait intéressant pour le consommateur de savoir s’il y a des produits chimiques qui ont été utilisés au niveau de la production et qu’il puisse en être informé, en manière telle de pouvoir faire des choix comme consommateur.

Les habitudes alimentaires, les habitudes de consommation pourraient changer. Cela induirait aussi un changement de comportement de la part des agriculteurs et des firmes en amont qui ont commercialisé ce type de produits et qui adopteraient des comportements plus sains pour l’environnement comme pour la santé.

Enfin, lors de notre échange en question d’actualité, vous aviez évoqué le fait qu’il était possible d’identifier les fruits de l’agriculture intégrée par une petite pomme ou une petite coccinelle. J’aurais souhaité avoir un tout petit peu plus d’informations sur le contenu de cette étiquette et savoir dans quelle proportion on en trouve et dans quels types de commerces, éventuellement, parce que je vous avoue qu’à titre personnel, j’en ai vu très peu, sinon pas.

Réponse du Ministre :

À la lecture du rapport de Greenpeace, nous ne trouvons aucun chapitre sur la méthodologie analytique qui fut appliquée pour cette étude. Nous ne pouvons dès lors rien dire sur cette méthodologie.

Toutefois, à ma connaissance, il n’y a pas eu d’analyses dans des exploitations en Wallonie et les trois analyses faites en Belgique seraient réalisées dans trois exploitations fruitières situées dans le Limbourg, dans la région de Saint-Trond.

Pour information, la Flandre a récemment fait une étude approfondie de la qualité de ses eaux d’un point de vue pesticides. Les résultats sont d’ailleurs disponibles auprès de Phytofar et celle-ci sert notamment de support pour promouvoir l’utilisation des buses antidérives. Les centres pilotes que sont le CEF et le GAWI ont d’ailleurs organisé une après-midi d’étude et de démonstration ce 17 juin 2015 pour sensibiliser encore les arboriculteurs à l’utilisation de ces buses antidérives et diminuer les risques liés à la pulvérisation vis-à-vis de l’environnement et du voisinage.

La mise en œuvre du PWRP – Programme Wallon de Réduction des Pesticides – est principalement une compétence de mon collègue M. Di Antonio. Cependant, la lutte intégrée contre les ennemis des cultures, ce que l’on appelle l’IPM – Integrated Pest Management – est bien sous ma responsabilité.

La lutte intégrée est définie selon huit principes présentés en annexe trois dans la directive « pesticides – 2009/128/CE ». Ces principes visent une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable en réduisant les risques et les effets des pesticides sur la santé humaine et sur l’environnement.

Dans le décret du 10 juillet 2013, le Gouvernement wallon s’est fixé comme objectif d’interdire l’application de produits phytopharmaceutiques dans les espaces publics à partir du 31 mai 2019.

Nous nous sommes également engagés à encourager le recours à la lutte intégrée contre les ennemis des cultures et à des méthodes ou techniques de substitution, telles que les moyens non chimiques alternatifs aux pesticides pour tous les utilisateurs professionnels de produits phytopharmaceutiques. Le Gouvernement s’est engagé à sensibiliser et former autant que possible les utilisateurs professionnels et amateurs sur les dangers de l’utilisation des pesticides.

De manière générale, les mesures du PWRP doivent permettre à la Wallonie d’atteindre de manière progressive les objectifs du premier plan fédéral de réduction des pesticides et des biocides, consistant à réduire de 50 % les impacts sur l’environnement liés aux usages non agricoles et de 25% les impacts sur l’environnement liés aux usages agricoles, ainsi que des plans lui succédant.

La mise en œuvre des 43 mesures du PWRP s’étale sur la période 2013-2017 en fonction des moyens budgétaires disponibles. Les évolutions de la réglementation et de la mise en œuvre du PWRP sont consultables sur le site http://environnement.wallonie.be/pesticides.

En ce qui concerne les produits issus de la lutte intégrée, notamment du GAWI, en principe ils sont repérables sur le site même du GAWI ou encore sur information auprès de l’APAQ-W. De toute manière, j’ai demandé à l’APAQ-W de refaire une campagne par rapport à la lutte intégrée, parce qu’il est évident que c’est le secteur qu’il faut privilégier et c’est évidemment, surtout dans notre région en Wallonie, que se trouvent des producteurs qui depuis d’ailleurs des années – et heureusement ils sont de plus en plus nombreux – adhèrent à cette pratique qui permet de ne plus utiliser, ou quasi rien, en termes de pesticides.

Réplique de Christie Morreale :

Merci, Monsieur le Ministre, pour vos éléments de réponse. Eu égard aux nombreuses références dont vous avez fait part dans votre réponse, vous me renvoyez à toute une série de lectures que je vais m’attacher d’étudier avec attention, ce qui pourra me permettre d’avoir un approfondissement de la situation. L’objectif étant évidemment que l’on essaie de progresser vers un mode de production agricole, fruiticole, qui soit le plus respectueux de l’environnement et de la santé.

Je termine en disant que l’on cite souvent les agriculteurs, parfois en les pointant du doigt et pourtant, ce sont quand même eux qui ont un risque de cancers le plus important dans notre région et notre pays et donc c’est aussi une manière de les protéger.

Enfin, pour en terminer avec les fruits, continuons à consommer local, consommons local et de plus en plus, quand c’est possible. Lavons-les bien, et d’ailleurs je ferai un petit mot à la Conférence des présidents pour faire attention que dans les coupes de fruits à la cafétéria, à la fois ils soient bien lavés, que l’on consomme local et que l’on essaie de mettre un maximum de fruits qui soient intégrés au bio.